AnOuterWorld 2.D Day
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- [En cours... cherche contributeur] Roman de Kevin Taylor: Un Autre Monde - An Outer World
AN OUTER WORLD The outer world of INTERNET-SHOW.NET Book I How I became part of an outer world, in the area of life forbidden to the normal man. Kevin Taylor Kevin@Internet-Show.net
[modifier] 2. D Day
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Mercredi 22 octembre 199&, 12h28
Paris, Porte de Versailles, mercredi 22, troisième jour du Salon Internet-Show Paris.
Je situe à 12h28, le mercredi 22 octembre, le moment de la révélation que, si tout avait si bien marché, c’était grâce à Dieu ! C'était grâce à Dieu que Olivier, ToTo, et moi, nous étions sentis si bien ensemble, avions pris plaisir à être ensemble, étions prêts à faire n'importe quoi les uns pour les autres. C'était ça l'amour. C’est parce que nous n’étions pas seuls que nous avions réalisé un exploit. L’Amour avait déplacé les montagnes.
Olivier s'était exclamé : - Le Dieu du réseau, c'est toi !
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(How I became part of an outer world)
Wednesday, Octember 22nd 199&, 12:28am, Paris, Porte de Versailles.
Wednesday 22 is the third day of Internet-Show Paris. I spot at exactly 12:28am of that day (Wednesday 22nd) the moment of the revelation . The revelation is simple: if everything finally turned out so well, it is because of God! It is because of God that Oliver, ToTo? and I are so alive and happy, together. It is because of God that we enjoy so much just to be together. Any of us is always ready to do just about anything for the other one. Love is just that. It is because we are not alone that we achieved this trumendous exploit. Love enabled us to move mountains.
Oliver said out lound: - YOU are the GOD of Networking!
J’avais rétorqué : - Non, le Dieu du réseau ce n'est pas moi, et vous savez très bien qui c'est, c'est Dieu ! J’avais pensé : "Le Dieu Amour...". A leur air béat, j’avais vu qu'ils n’avaient pas compris, n’avaient pas voulu comprendre.
Pour préciser, j’avais dit : - Le Dieu, c'est le Dieu de ToTo. Partant du principe que ToTo croyait en Dieu.
Nous étions assis dans le bureau d’Olivier, Directeur des Ventes de ZouBank Forums, pour une réunion au sommet. Qui tournait en réunion de troisième zone autour d'une coupe de champagne et de petits fours, comme s’il s’agissait de l’anniversaire d’un collègue de bureau. Tout le monde était jovial car le responsable principal de FT, pour lequel la réunion avait été organisée, était absent. Et tout à coup, changement de programme, Olivier exécuta sa mission qui était de me faire passer une certaine pilule, de me calmer. Ils avaient, derrière mon dos, enfreint les règles du N.O.C. Mais le problème était déjà résolu, il n’y avait plus rien à faire.
- Le Dieu, c'est le Dieu de ToTo, avais-je répété.
Un grand silence s’était installé. Ma phrase était restée suspendue dans l’air. Ils la mirent certainement sur le compte de mon extrême fatigue. Nous avions tous besoin de repos.
Sur le chemin du retour au N.O.C, je dis à Bernardo : - Rien de grave n'est arrivé, nous sommes tous en vie, c'est le principal. Aucun d’entre nous n’a reçu une pierre sur la terre, donc il n’y a rien de catastrophique : c’est l'humain qui est la chose la plus précieuse ! Donc tout le monde va bien, et en plus le réseau marche...
Pourtant, à 12h 28, le Paradis avait tourné à l’Enfer du fait que le responsable de France Telecom, Monsieur Philippe G. n'était pas venu à la réunion, n’avait pas assumé ses responsabilités face à la disparition du nom de domaine du réseau Intranet des DNS de L'Internet, radié par l'Internic. Tous les services WEB de l'Intranet étaient devenus inaccessibles. Toutes les bornes Internet ZouBank Forums en panne. A 12h 28 tout était déjà joué mais je ne le savais pas.
Mercredi 22 octembre 199&, 13h
De retour au N.O.C, je me suis senti bizarre, comme si quelque chose d’anormal allait arriver. Je flottais dans les airs, marchais à cinquante centimètres au-dessus du sol, parlais à chacun sur un mode étrange, m'entendant prononcer les mots comme s’ils venaient d’ailleurs, inspirés par quelqu'un, quelque chose. Je n'avais pas peur, j'acceptais plutôt de servir d'instrument à une force mystérieuse. Au plus profond de moi je savais que c'était une force positive, une force d'amour. Je n'avais pas cessé d'aimer depuis le début du set-up.
Sous notre bulle, dans le Network Operations Center (N.O.C), nous avions pris l’habitude de nous parler deux à deux. Au fil des jours, nous avions institué plusieurs règles : quoi qu’il arrive, pas question de tomber dans l’affolement, tout débordement aurait immédiatement alerté plus de monde qu’il n’était nécessaire pour pouvoir réagir raisonnablement et efficacement. Car notre N.O.C était visible de partout, c’était une bulle, transparente, tenue par une armature sphérique, et placée à l'entrée principale du Hall 7/2, juste devant les portillons d’accès du public. L'entrée béante du N.O.C était gardée jour et nuit par des vigiles, car nous étions la tour de contrôle du réseau. Les N.O.Cs de l'Internet sont des zones secrètes, et donc protégées, difficiles à pénétrer, pour éviter que les ingénieurs qui y travaillent ne soient perturbés, qu'une personne non technicienne n’arrache un câble, que quelqu'un de mal intentionné ne vienne casser le réseau.
Autre règle plus difficile à comprendre mais très efficace était l’interdiction de se parler debout. Dans le N.O.C, avant de démarrer une quelconque discussion, nous agrippions l’un des énormes fauteuils en cuir noir et y faisions asseoir notre interlocuteur. Pour une raison très simple, c’est que nous étions dans un état de fatigue indescriptible. Don et moi n'avions dormi que quelques heures depuis 7 jours, et le marathon n'était pas fini. Il nous fallait économiser au maximum notre énergie.
Une autre figure emblématique du N.O.C était Timothée alias ToTo, le stagiaire de ce cher Olivier dont je répète qu’il était le chef des ventes de ZouBank Forums, la Société organisatrice du salon Internet-Show
A propos de ToTo, la veille, sa maman, une bonne vieille dame d'allure très respectable, était venue le voir sur Internet-Show. ToTo me l'avait présentée, elle était là, devant le N.O.C, avec son sac à main et ses robustes chaussures, comme si elle faisait des emplettes à la Samaritaine. Elle dénotait parmi les hommes d'affaires, les jeunes cadres dynamiques, les femmes en tailleur Channel, et les ravissantes hôtesses. Je lui ai fait l’éloge de son Timothée, vantant sa vaillance, disant qu’il faisait un boulot considérable. A la moindre demande d'Olivier ou d'un membre du N.O.C, ToTo se levait et allait courir à travers tout le salon, oubliant même parfois l'objet de sa quête. Il se démenait comme un beau diable pour trouver ce que nous avions demandé. Qu'il s'agisse d'une pizza ou de l'imprimante que nous n'avions pas reçue, il s’agitait avec entrain. A ce Temple de la Technologie la maman de ToTo ne comprenait pas grand-chose, mais si Kevin, le responsable technique de l'Internet-Show.Net, dont elle avait entendu parler, la complimentait sur l'efficacité et le bon travail de son rejeton, elle ne pouvait que s’emplir de fierté et de joie. ToTo m’avait regardé avec un sourire en coin, ravi. Mais nous savions tous les deux qu'il y avait encore mille choses à faire, et il avait raccompagné sa maman aux portes du Salon.
Alors qu’est-ce donc qui était à l’origine de la crise qui allait me jeter, moi, dans une autre forme de crise? Revenons à ce mercredi matin, ce matin du jour J où tout a basculé. Ce matin-là, Bill Maestro, le webmaster de l'Intranet, m'avait timidement exposé son problème : il n'avait plus accès à son web. Pourtant tout le reste fonctionnait : avant de venir nous embêter au N.O.C il avait vérifié que partout ailleurs on pouvait surfer. En lançant quelques commandes j’ai compris que c'était un problème majeur, tout au moins pour lui, et donc pour tous les utilisateurs et responsables du web Intranet. Les instigateurs du projet web Intranet n'étaient autres que France Telecom, Crisco et Migrosoft. Des dizaines de bornes PC étaient mises à la disposition des visiteurs. Grâce à leur surf sur ce Web, les visiteurs étaient guidés dans leur découverte du salon. Après investigation je m'aperçus donc que le domaine "global-intranet.com" n'était plus résolu par le DNS. Il avait disparu. Network Solutions est l'organisme commandité par "l'Internet Registry" qui alloue les noms de domaine .com .net et .org. Il est supervisé par l'Internet Architecture Board (IAB) de l'Internet Society. Networks Solutions avait en fait tout naturellement retiré de son DNS le domaine "global-intranet.com".
Nous allions découvrir un peu plus tard que la cause de cette suppression était des plus justifiées : facture impayée par France Télécom.
Auprès de Jean-Pope - de FT - et surtout de Bernardo, notre homme DNS, j’insistai sur l’importance de cette affaire de facture impayée, de sanction, et sur notre responsabilité, à nous, hommes intègres du N.O.C, de traiter au mieux cet accident de parcours.
Un nom de domaine Internet, ce n’est pas anodin. Pourtant les règles d’attribution sont difficilement contournables, même par les plus puissants. Ce n’est pas J2M (Jean Marie Messier) qui peut me contredire après le rachat de vizzavi.com pour 24 millions de francs pour installer leur "minable" portail WAP, sans évoquer les différents avec les respectables Alsaciens de vizavi.com. C'est comme cela qu'Ababacar Diop, l'ex-leader des sans-papiers de l'église Saint-Bernard, et copropriétaire du cybercafé, est devenu riche grâce à l'Internet. Son histoire est formidable.
Ababacar est parti pour Dakar en vue d' "investir dans le développement de l'Internet en Afrique". Belle revanche pour un Sénégalais longtemps sans-papiers. Ses projets peuvent enfin prendre de l'ampleur : cyber-café à Dakar, visiophonie entre l'Afrique et l'Europe, charter de l'amitié…
Note : Après l’affaire Vivendi, vizzavi.com est un nom de domaine maintenant estompé. (Registrar Lock)
Notre Olivier de service, dans son costume de "Sales rep" (representative) avec sa cravate rouge vif, était l’homme de la situation. Sans plus attendre, j’allai le retrouver du côté du bureau de vente ZouBank Forums. Je voulais agir seul sans savoir sur le moment où cela me mènerait.
Très nerveux, Olivier me tint un discours toujours aussi "Sales" : - Kevin, c'est une banale histoire de facture impayée... Un domaine, ça vaut 500 balles. Je vais régler ça. Et, avec un sourire jovial : - Ne t'inquiète pas!
Je n'étais pas inquiet, mais ça ne me paraissait pas si simple. On ne pouvait transgresser les règles de l'Internet. C'est d'ailleurs ce qui rendait fous les opérateurs télécoms : ces "Telcos" ont l'habitude de maîtriser les règles, ils sont tout-puissants. Ils se sont alliés entre eux à travers des organismes de régulation et de standardisation très lourds et difficiles à contourner pour se partager la manne des communications téléphoniques du monde entier. Chez eux une facture impayée équivaut à une coupure de service. C'est de cette façon que les usagers de France Telecom sont traités lorsqu'ils ne règlent pas leurs factures. On dit d’ailleurs "un usager" et non pas "un client", car FT est l'opérateur de téléphone unique et incontournable en France.
C'était l'arroseur arrosé, et la situation était croustillante. Il ne fallait pas que le gros poisson puisse s'en sortir aussi facilement.
Pour l’anecdote, je ne savais pas qu'au moment exact où tout cela se déroulait, un certain Jean-Marie Messier., PDG de la Compagnie Générale des Eaux, venait de présenter la stratégie télécommunication de son Groupe dans la salle des Keynotes, au bout du Hall 7-2, au même étage que nous.
Plus important encore, dans cette même salle Keynotes, dans moins de 2 heures, à 14h exactement, le prochain intervenant serait Michel Bon. lui-même, le PDG de FT. Avec un sujet du style : "nouveaux enjeux dans la stratégie d'évolution de l'entreprise". Il n’a vraiment de Bon que son nom. Ce n’est pas les Bretons qui me contrediront.
Et à 18h, il y aurait la remise du Meilleur Intranet par le magazine Intranet. Tout ceci pour dire que l'Intranet de l'Internet-Show était dans les choux, que les sbires de FT allaient chercher à cacher la boulette à leurs dirigeants, qui avaient justement choisi ce moment pour se trouver à quelques coudées, tel le Big Boss, Michel Bon. Ça sentait le roussi.
- Olivier, dis-moi qui est responsable du projet chez FT? Qui a fait la boulette? - C'est Philippe G., un mec super sympa. Il a dû oublier, c’est tout. - Bon, allons trouver Philippe G. sur le stand de France Télécom. - OK, viens, c'est au Hall 7/3, à l'étage au-dessus.
Le stand est bourré à craquer de toute une palanquée d'hommes d'affaires, le gratin mondain des télécoms. Moi, vêtu de mon minable T-shirt Internet-Show, je n'ose monter sur la plate-forme du stand et reste dans l'allée. Philippe G. est introuvable. Olivier met la main sur une de ses secrétaires, qui nous le confirme.
Je lui explique le problème... Elle ne comprend manifestement rien, mis à part quelques mots choc : "Le réseau Intranet ne marche plus... Philippe n'a pas payé la facture... Trouvez-le nous !"
De retour à la bulle du N.O.C, je discute avec Jean-Pope, et surtout Bernardo, de l'impact technique que produit la disparition de ce nom de domaine.
Même si Network Solutions (géré par L'Internic) acceptait de réactiver le nom de domaine, il faudrait de 24 à 48h pour que tous les caches des DNS (et notamment du nôtre) se mettent à jour.
Jean-Pope suggère la solution la plus facile : activer en dur la résolution du nom dans notre DNS. En effet, ce web Intranet est surtout accédé depuis le Salon, notamment sur les bornes PC mises en libre accès par ZouBank Forums. Ce web n'est pratiquement pas accédé depuis l'Internet.
Pour moi, bien sûr, en égard au manque de clarté de l’affaire, pas question d'appliquer ce by-pass (contournement). Je m'assure seul que Bernardo connaît le password root du DNS. Ce n'est pas le cas. J'insiste donc pour qu'il change le password root derrière mon dos, je ne regarde pas, je ne veux pas le connaître.
C'est chose faite. Il est maintenant la seule personne au monde à connaître le mot de passe, même ses collègues n'y auront pas accès, et ce sera une gêne considérable lorsque la pression montera et qu'il faudra effectivement faire appliquer le by-pass.
Nous évoquons même la nécessité d’une solution s'il lui arrivait quelque chose, puisqu’il est le seul à connaître le password root. Cela nécessiterait de déplomber la station Unix DNS. Il faudrait alors forcer un reboot et se mettre en mode diagnostic. Cela prendrait une heure et serait "disruptif" pour TOUT le réseau, et pas seulement le domaine Intranet. Sans DNS, pas de réseau... Rien n'est simple !
Pourtant, juste avant 12h28, Bernardo appliquera le by-pass. Il reste toujours à déterminer QUI a fait pression sur Jean-Pope pour qu'il force Bernardo à passer outre et à faire la manip derrière mon dos. En partant à la réunion, j'avais déjà compris que c'était joué. Je le sentais. Et c’est ce qui allait se passer, le "mal" allait être fait derrière mon dos. Mon orgueil en a pris un coup quand je l’ai appris ! Ce n’est pas que je ne voulais pas céder, mais je voulais que les responsables de FT reconnaissent leur gaffe. C’est pour cela que j'avais proposé la réunion à 12h28. Cela me donnait deux minutes avant que n’arrive leur représentant, dont j’espérais qu’il reconnaîtrait le défaut de fonctionnement. Nous pouvions alors lui proposer le by-pass et l'affaire serait réglée.
La méthode détournée avait été utilisée, la loi du plus fort. Ils avaient utilisé leur pouvoir pour arriver à leurs fins, évitant de reconnaître leur oubli. Leur "faute". J'ai compris que le Mal était hyper-actif, prêt à tout, y compris à tuer. A ce moment-là, ma vie a basculé. Pourtant, Bernardo avait une confiance absolue en moi, et moi en lui. J'étais à ces coté depuis le début et lui avais donné les consignes pour la mise en œuvre du DNS. Nous avions aussi été sur le pont ensemble pour faire le debuggage du nom de domaine et de la table des Top Level Servers. Il m'avait trahi en obéissent à d'autre ordres et en passant outre ma consigne d'attendre et de tirer l'affaire au clair avant d'appliquer ce by-pass. Ça a du être dur pour lui, car son en son for intérieur, il n'avait aucune raison de me trahir.
J'ai fait une satanée découverte, je cite ici un de mes livres préférés : "Comme d'habitude, tout s'est joué à travers nous, c'est toujours nous qui prêtons nos traits au mal. Mais derrière les soldats et la foule, il y avait l'autre Taré, toutes les forces des ténèbres, il y avait le mal en non-personne et en personne, et je comprends que le Seigneur ait transpiré du sang jeudi soir. Affronter le mal incarné dans la solitude de sa condition d'homme dieu, il y avait de quoi vous emplir les entrailles de fiel et de glace. Le mal s'est acharné sur lui sans comprendre que l'agneau sans défense était purement et simplement en train de l'absorber."
L'arbre qui marche sur la tête, Claire, Page 192 {03}
En revenant m'asseoir au N.O.C, j'étais écœuré mais non révolté. En expliquant le problème au collègue de Bernardo, j'entendais mes paroles comment si elles émanaient de quelqu'un d'autre. J'avais tout donné, mon énergie, mon corps, toute mon intelligence, ma volonté. Maintenant j'étais pris en charge, mes paroles n'étaient plus vraiment de moi. Il fallait que je m'éloigne, que je sois sage et pur en ce qui concernait le Mal.
Romains 16
17 Je vous exhorte, frères, à prendre garde à ceux qui causent des divisions et des scandales, au préjudice de l'enseignement que vous avez reçu. Éloignez-vous d'eux.
18 Car de tels hommes ne servent point Christ notre Seigneur, mais leur propre ventre ; et, par des paroles douces et flatteuses, ils séduisent les cœurs des simples.
19 Pour vous, votre obéissance est connue de tous ; je me réjouis donc à votre sujet, et je désire que vous soyez sages en ce qui concerne le bien et purs en ce qui concerne le mal.
20 Le Dieu de paix écrasera bientôt Satan sous vos pieds. Que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ soit avec vous !
Mercredi 22 octembre 199&, 13h30
Je suis donc sorti du paradis (le N.O.C) et me suis dirigé vers le stand de NetCS. Je ne reviendrais pas avant que le Mal ne soit vaincu. Les opérateurs Télécoms devaient rendre le téléphone filaire gratuit ou presque, ils devaient mettre en œuvre un DNS pour le téléphone ! Migrosoft doit utiliser IP correctement pour la résolution WINS etc. Pour mettre en forme tout cela, les RFCs me paraissent la meilleure solution. Il faudrait encore les écrire... Nous en avions longuement parlé avec Benoît de DCE-DTE Communication et aussi avec Buggy. Buggy avait même lancé Notepad et lâché quelques phrases sur le RFC en question.
Un exemple parmi tant d'autres : sous Windows, la découverte du voisinage réseau nécessitait l'utilisation d'un WINS serveur. Sinon, il fallait faire passer du Netbeui Broadcast à travers les switch niveau 3 en utilisant la technique d'UDP helper. Du Broadcast flooding au niveau IP. C'est très laid !
Tout ça pour dire que Migrosoft a dû migrer ses protocoles Netbios initialement prévus pour un environnement LAN (Netbios est né suite à une commande d'IBM à Migrosoft et sous-traité à une société australienne).
Netbios est donc migré sur IP. IP est destiné à interconnecter plusieurs réseaux différents, y compris le WAN. Cette migration du Netbios est propriétaire. Elle n’est pas aussi propre que l'utilisation des protocoles TCP/IP originels normalisés et utilisés par Internet. Pratiquement pas de Netbios et SMB ne transite actuellement sur Internet.
Une règle spécifique est d’ailleurs inscrite dans les Firewalls pour se débarrasser de ce trafic. Les normes sont décrites dans des textes intitulés RFC, qui sont validés par l'IAB à travers son entité l'IETF dont les réunions plénières ont lieu plusieurs fois par an. L'IAB, créée en 1983. SRI international, mandaté par le NIC (Network Information Center), gère, en plus de la distribution des RFC, de nombreux détails administratifs. Cet organisme qui gère les noms de domaine (.com .net .org) allait être décentralisé dans le futur. Des extensions (.biz .name) allaient être mises en place.
Tout ceci est du charabia, mais pour moi Internet est un enjeu énorme, et nécessite que les ingénieurs y travaillent le plus honnêtement possible, privilégiant les options les plus adéquates techniquement et non commercialement. Des structures décentralisées et démocratiques ont été mises en place. Néanmoins les gros poissons ont mis les pieds dans le plat, ils veulent leur part du gâteau, les intérêts sont gigantesques.
Quand l’équilibre est menacé, il faut une soupape, un révélateur. Sans le savoir, j'étais devenu cette soupape. J'allais péter les plombs, partir en pleine paranoïa, porter comme un fardeau l'avenir hypothétique d'Internet, rien de moins.
Je n'ai pas une minute à perdre. Arrivé au stand de NetCS Systems, je m'engouffre dans l'arrière-salle. Une charmante hôtesse s’y repose. A cause de mon T-shirt Internet-Show, elle me prend pour un étudiant du Network Services. Je lui dis que j'ai mal aux pieds et veux utiliser le téléphone. J'appelle Miriam. C'est ma dernière conversation avec elle avant longtemps, mais elle ne le sait pas : de là où je vais, je ne vais pas pouvoir lui téléphoner pendant des mois, ou aller la voir. Je l'aime. Je le lui dis. Je l'admire. Elle a fait fonctionner une machine d'amour : le catéchisme du village ou nous habitons. Moi aussi j'ai fait fonctionner une machine inspirée par Dieu. Ça marche avec lui, avec l'amour.
Miriam me passe Pascale, ma fille de 4 ans. Je suis abasourdi d'entendre sa petite voix. J'avais oublié que j'avais une fille, plusieurs filles même, et un garçon. J'avais complètement oublié que j'avais des enfants. C'est formidable d'entendre Pascale, je pleure au téléphone alors qu'elle me raconte sa journée de sa petite voix fluette. Elle a fait des crêpes... à la poêle, car Maman n'a pas trouvé l'appareil rangé sur l'étagère du haut dans le garage. C'était mon boulot d'aller chercher l'appareil lorsque nous faisions des crêpes. J’étais le seul à savoir trouver des trucs dans la mezzanine du garage. Le seul responsable si l'aspirateur ne marchait plus ou qu'il faisait trop froid dans la maison. Responsable si la maison était trop petite, si c'était le bordel car on n'a pas de rangement, si le garage n'est pas assez grand. En plus, je ne suis jamais là pour m'occuper de tout cela.
Il y a un autre problème : comme je pars, je ne serai pas à la fête des gens du N.O.C, dans une boîte parisienne: "Pau Brazil". J'ai cru entendre Olivier parler de deux endroits pour cette soirée. Je voudrais être sûr que mon frère Bens ait la bonne info, mais quand à 18 heures Bens viendra au N.O.C, je ne serai plus là.
J'essaye d'expliquer à Miriam qu'elle doit prévenir Bens mais je me perds dans mes phrases, et elle ne me comprend plus. "Tu n’as qu’à le faire toi-même", dit-elle. Elle perd le fil, je sens bien qu'elle perçoit que j'ai besoin d'elle, mais qu’elle ne peut m'aider.
Sortant du cagibi, je tombe sur le Big boss de ma boîte, Peter G., qui discute avec Mikko, l'un de nos meilleurs vendeurs parti travailler chez un concurrent. Je les félicite, je dis qu’ils sont les "strong guys" dont nous avons besoin. En plaisantant, Peter me demande conseil pour convaincre Mikko de revenir chez NetCS. Ils sont flattés. J’ai cherché par amour ce qu'il fallait leur dire pour les aider à aller dans le bon chemin, leur donner du courage, et je leur ai montré mon estime.
Peter est à l'origine de l'esprit "True North", un idéal de valeurs, mais orienté business. Le True North fait référence au vrai Nord, pas au Nord magnétique qui est celui qu'indique n'importe quelle boussole. J’ai un cahier qui ne me quitte pas, que j'utilise pour noter tout ce qui peut me servir dans mon travail au N.O.C, et c’est justement un cahier True North bleu. Il a dû nous être donné lors d'une réunion de la Boîte. A la première page, il est écrit :
"Become Legendary in Everything YOU DO" Devenez légendaire dans tout ce que vous faites
A la deuxième page:
"Become Legendary with PEOPLE, people come first. NetCS prides itself on its people, people are our most important asset. Treat people as you would like to be treated yourself."
Devenez légendaire auprès des gens. Les gens passent en premier. NetCS trouve sa fierté à travers ses employés, ils sont son capital le plus précieux. Traitez autrui comme vous voudriez être traité.
Peter est à l'origine du True North. Peter est un mec bien.
En descendant au niveau 2, je rencontre Stéphane, de Tragedy. Il parle avec un collègue de sa boîte. Je le complimente sur son travail, et devant un de ses pairs. Il est ravi. Car ces compliments viennent du responsable du réseau du salon. La veille, nous avons failli lui refuser l'entrée au N.O.C sous prétexte qu'il est venu trop tard et que nous n'avions plus besoin de lui.
Mercredi 22 octembre 199&, 14h30
A l'entrée du N.O.C, j'hésite. Olivier m'en a interdit l'accès, ils ont tous insisté pour que j'aille me coucher. Le gardien est surpris de mon hésitation. Il m'ouvre le filin avec un grand sourire. Qu'est ce que c'est que ces histoires ? Les instructions pour l'entrée au paradis étaient pourtant claires : personne sauf les gens connus. Personne en cravate à part Olivier. J'ai appris par la suite que tout le monde et notamment tout le gratin mondain allait entrer sous la bulle le lendemain, alors que je serais comateux sur mon lit d'hôpital. A la réflexion, c’est très bien que le N.O.C se soit transformé en auberge espagnole le dernier jour du show, jour où plus rien n'avait d'importance.
Avec Miriam, au téléphone, je n’ai pas réussi à trouver une solution pour prévenir Bens. Elle a senti ma détresse mais m'a sèchement expliqué qu'elle ne comprenait rien et ne pouvait rien faire pour moi. Il me faut trouver un moyen de prévenir Bens. S'il ne vient pas au N.O.C à 18h comme convenu, au moins il me téléphonera.
Je laisse donc mon téléphone portable à Don. Là où je vais, je n'aurai plus besoin de rien. Je prends mon manteau et dis à Don que je vais me coucher...
Je laisse tout derrière moi, mon cahier True North chargé de notes concernant le réseau, l'adressage IP, les mots de passe, les numéro d'AS et schémas de connexion vers les ISP, les noms de community RW... Bref tout. Je laisse aussi mon PC avec tout ce qu'il contient, tous mes dossiers, documents, fichiers, mon mail, mon travail, ma vie.

