Che Guevara Trademark
De Framalang Wiki.
Che Guevara, marque déposée. Article original sur OnTheCommons.org
Auteur : David Bollier, 13 Jan 2009.
| Pseudo | Code | Rôle | Statut |
|---|---|---|---|
| Tyah | TYA | Traduction | Terminé |
| Olivier | OLV | Relecture | Terminé |
| DonRico | DRI | Validation | en cours |
| Mise en forme |
Che Guevara, the Trademark - Titre
His long, strange journey from idealistic revolutionary to capitalist brand.
L'étrange et long voyage d'un révolutionnaire idéaliste devenu marque commerciale.
Che Guevara, the Trademark - Partie 1
It’s no accident that Ernesto “Che” Guevara is as well-recognized as Coca-Cola or Mickey Mouse. One of the big reasons, apart from his revolutionary exploits, is because an image of Che taken by photographer Alberto Korda at a 1959 political rally was in the public domain for decades. Unprotected by copyright, the Che image was free to circulate around the world and be remixed and adapted by anyone.
Ce n'est pas par hasard si Ernesto "Che" Guevara est aussi connu que Coca-Cola ou Mickey Mouse. Au delà de ses exploits révolutionnaires, sa notoriété est en grande partie due au fait que la photo du Che prise lors d'une rencontre politique en 1959 par le photographe Alberto Korda a appartenu au domaine public pendant des dizaines d'années. N'étant pas sous la férule du copyright, l'image du Che pouvait circuler librement de par le monde, être modifiée et adaptée par tout un chacun.
Che Guevara, the Trademark - Partie 2
That’s how Fidel Castro and his revolutionary regime wanted it. Castro was eager to use Che to project an image of Cuba internationally. Rather than relying on nationalistic images of Russia – the Kremlin, anyone? – Fidel saw that the hunky, romantic imagery inspired by Che and his martyrdom could be used to, in today’s vernacular, “brand” the Cuban revolution.
C'était là la volonté de Fidel Castro et de son régime révolutionnaire. Castro ne demandait qu'à utiliser le Che pour faire circuler dans le monde une certaine image de Cuba. Plutôt que de se fier aux symboles à caractère nationaliste de l'URSS - il y a plus glamour que le Kremlin, non ? - Fidel avait compris que l'image de beau mec romantique qui se dégageait du Che martyr pouvait être utilisée comme "marque" (dans le jargon actuel) de la révolution cubaine.
--Tyah 13 avril 2009 à 05:26 (CEST):
difficile de traduire le " Anyone?"...de même pour "chunky". Sur wikipedia on fait référence à la culture Hunky d'où ma traduction, mais je ne pense pas que cela soit très fidèle au texte.
--Olivier 22 avril 2009 à 10:12 (CEST):
- pour "hunky" mediadico propose "propre sur soi" mais je trouve que "bohème" correspond bien
- pour anyone ? je pense que l'auteur prend à parti le lecteur, j'ai donc tenté : "il y a plus glamour que le Kremlin, non ?"
--DRI 13 mai 2009 à 23:07 (CEST):
pour hunky, le Robert & Collins donne "bien foutu". Aujourd'hui on dirait beau gosse ou beau mec (ce que j'ai choisi...
Che Guevara, the Trademark - Partie 3
For ideological reasons, the new socialist regime did not want to stoop to embrace copyright or trademark law, a tool of the capitalist world. Accordingly, for several decades after the Cuban revolution, no artists there could avail themselves of copyright or trademark law. Half by accident, Castro helps Che go viral.
Pour des raisons idéologiques, le nouveau régime communiste n'a pas voulu s'abaisser aux lois du copyright ou de la marque déposée, deux outils du monde capitaliste. Par conséquent, des dizaines d'années après la révolution cubaine, aucun artiste cubain n'a pu invoquer le droit d'auteur ou déposer une marque. Sans l'avoir vraiment voulu, Castro a aidé l'image du Che à se propager tel un virus.
--DRI 13 mai 2009 à 23:16 (CEST):
pour les américains, socialist : communiste
Che Guevara, the Trademark - Partie 4
Because Che’s image was freely available, anyone in the world could use it for their own creative purposes. This was the same dynamic that propelled the yellow happy face doodle to ubiquity in the 1970s. As Michael Casey reports in The Australian News, (tip of the hat to Jeff Roberts), Che, as a public-domain image, soon could be seen on Hezbollah posters, Brazilian bikinis, t-shirts and merchandise of every imaginable kind. Che became a public-domain revolutionary brand!
Parce que l'image du Che était disponible sans restriction, chacun, partout dans le monde, pouvait l'utiliser comme il l'entendait. C'est fut la même dynamique qui a rendu le petit smiley jaune souriant omniprésent dans les années soixante-dix. Comme le raconte Michael Casey dans The Australian News (le bonjour à Jeff Roberts, en passant), le Che, comme image du domaine public, s'est très vite retrouvé sur des affiches du Hezbollah, sur des bikinis brésiliens, des t-shirts et sur tous les objets possibles et imaginables. Le Che est devenu une marque révolutionnaire du domaine public !
--DRI 13 mai 2009 à 23:22 (CEST):
"tip of the hat" n'est pas "hats off".
posters : affiches. Vous aviez des posters du hezbollah dans votre chambre quand vous étiez ados ? Moi c'était plutôt Metallica. :-DChe Guevara, the Trademark - Partie 5
Then the Cold War ended – and Cuba began to see some virtues in joining the World Trade Organization and embracing its rules for intellectual property.
Puis la guerre froide prit fin, et Cuba commença alors a voir quelques vertus à son adhésion à l'Organisation Mondiale du Commerce, dont elle adopta les lois sur la propriété intellectuelle
Che Guevara, the Trademark - Partie 6
As Casey tells it, “With Cuba actively marketing itself as a nostalgic travel destination, the biggest beneficiaries were not new-generation painters and performers but the octogenarian musicians of the Buena Vista Social Club and aging photographers such as Korda.”
Comme le raconte Casey, "Comme Cuba cherchait à attirer les touristes en jouant sur la corde de la nostalgie, les plus gros bénéficiaires n'ont pas été les peintres et les artistes de la nouvelle génération, mais les musiciens octogénaires du Buena Vista Social Club et les photographes vieillissants tels que Korda."
Che Guevara, the Trademark - Partie 7
Korda seized the opportunity to sue companies for unauthorized uses of his photo of Che. In 2001, he won a judgment against the Lowe Lintas advertising agency, which had used the Che image in a Smirnoff vodka advertisement. He donated the proceeds of his victory to a Havana children’s hospital.
Korda n'a pas manqué l'occasion de poursuivre certaines entreprises pour reproduction non autorisée de sa photo du Che. En 2001, il a gagné en procès contre l'agence de publicité Lowe Lintas, qui avait utilisé l'image du Che dans une publicité pour la Vodka Smirnoff. Il a fait don des dommages et intérêts perçus à un hôpital pour enfant de La Havane.
Che Guevara, the Trademark - Partie 8
Korda died nine months later, however, and his daughter, Diana Diaz, eventually inherited Korda’s worldly treasures, including the rights to the Che image. Diaz began to aggressively enforce the copyright, and successfully sued Swiss t-shirt makers, Mexican burger chains and French perfume makers, according to the reporter Casey. (The Che image is protected under copyright, but its iconic status makes it tantamount to a trademark in commercial usage.)
Korda est mort neuf mois plus tard, et finalement c'est sa fille Diana Diaz qui a hérité de ses biens matériels, droits sur l'image du Che inclus. Diaz a commencé par faire respecter ce copyright en employant la manière forte : elle a poursuivi avec succès un fabriquant suisse de T-shirts, des chaînes de fast-food mexicaines et un fabricant de parfum français, toujours d'après le journaliste Casey. (L'image du Che est protégée par le droit d'auteur mais son statut d'icône en fait une marque déposée à usage commercial).
Che Guevara, the Trademark - Partie 9
Diaz also began to sell the rights to the Che image to foreign vendors of Che-themed merchandise. This resulted in new revenue streams to Diaz while relieving her of the burden of enforcing her copyright around the world. But it also drained the revolutionary meanings associated with the Che image. After all, how seriously can anyone take an image that is sold on millions of Zippo lighters, but is prohibited on posters protesting Cuba’s imprisonment of journalists. (Diaz shut down this use of the Che image by the nonprofit group, Reporters Without Frontiers.)
Diaz a aussi vendu les droits sur l'image du Che à des fabricants étrangers de produits dérivés sur le thème du Che. Diaz disposait ainsi d'une nouvelle source de revenus et n'avait ainsi plus à défendre son copyright aux quatre coins de la planète. Mais l'image du Che y a aussi perdu son côté révolutionnaire. Après tout, comment prendre au sérieux une image vendue sur des millions de briquets Zippo, mais qui est interdite sur les affiches de protestation contre l'emprisonnement de journalistes par le régime de Cuba (Diaz interdit l'usage de l'image du Che à l'ONG Reporter Sans Frontières)
Che Guevara, the Trademark - Partie 10
So it would seem that capitalism, or at least intellectual property rights, triumphed, after all. Che has been reduced to a brand image, a kitschy icon for selling product. Social meaning always must succumb, it would seem, to the imperative to monetize.
Il semblerait donc que le capitalisme, ou du moins les droits sur la propriété intellectuelle, ont fini par avoir le dessus. Le Che a été réduit à une image de marque, une icône kitsch pour vendre de la camelote. L'aspect social succombera toujours, semble-t-il, à l'impératif de rentabilité.
Che Guevara, the Trademark - Partie 11
Perhaps the best commentary on the fate of Che’s image is Matt Diffee’s witty cartoon in The New Yorker (above). Thomas Frank and Matt Weiland meant it ironically when their called their 1997 anthology of essays, “Commodify Your Dissent.” But maybe that’s the best advice for young revolutionaries: nail the rights first!
Peut être que le meilleur commentaire sur le destin de l'image du Che se trouve dans le dessin plein d'esprit de Matt Diffee paru dans The New Yorker (ci-dessus). Quand ils ont intitulé leur anthologie d'essais "Rendez votre dissidence plus confortable", Thomas Frank et Matt Weiland ont privilégié l'ironie. Mais peut-être est-ce le meilleur conseil à donner aux révolutionnaires en herbe : Avant toute chose, mettez les droits du bon côté !
--Tyah 13 avril 2009 à 06:41 (CEST):
Je ne sais si on prend le verbe "to nail" pour "fixer" ou bien dans le sens de supprimer (abattre, clouer), j'ai gardé le sens de suppression car le fait de fixer une CC est bien de supprimer les droits que l'on peut avoir sur tel objet
--Joan 14 avril 2009 à 16:16 (CEST):
On pourrait voir ça aussi comme dans l'expression "you nailed it!" - pour indiquer que l'autre a montré une parfaite compréhension de quelque chose. Donc plus dans l'esprit de s'assurer qu'on s'est arrangé pour que les droits soient du bon côté...
genre "Commencez par vous assurer des droits !" (?)--Olivier 22 avril 2009 à 10:12 (CEST):
D'accord avec le commentaire de Joan
--DRI 13 mai 2009 à 23:50 (CEST):
Oui mais tourné comme ça sonne comme une apologie du copyright... et tout nail ça veut dire "buter, flinguer", comme le disait Tyah. j'ai repris l'idée de "bon côté" qu'a émise Joan.
Che Guevara, the Trademark - Partie 12
It’s fun to speculate about whether Che’s global visibility would have been achieved had Cuba recognized copyright in 1959. Chances are that Fidel would have tightly controlled the image – lest it be used in unauthorized ways – and Che’s popularity would never have gone viral. Which just goes to prove the old maxim – if capitalism is dog-eat-dog, communism is just the opposite.
C'est assez drôle de se dire que si Cuba avait opté pour le droit d'auteur en 1959, la reconnaissance du Che de par le monde n'aurait peut-être pas été la même. Il est fort possible que Fidel aurait étroitement contrôlé l'image de son camarade – de peur qu'elle ne soit utilisée de façon non autorisée –, et la popularité du Che ne se serait jamais répandue ainsi. Ce qui prouve justement la vieille maxime "Si le capitalisme, c'est l'exploitation de l'homme par l'homme, le communisme c'est tout le contraire"
--Tyah 13 avril 2009 à 06:52 (CEST):
Ai encore pris quelque liberté mais la tentation était trop grande de remplacer par du Coluche..Peut être un "NDT: "if capitalism is dog-eat-dog, communism is just the opposite" dans la version originale." en plus
--Olivier 22 avril 2009 à 10:12 (CEST):
Très bien trouvé
Che Guevara, the Trademark - Partie 13
In the end, bragging rights for the most famous politically subversive brands remain vested with Nazi Germany, Fascist Italy, the Soviet Union, and China under Mao. The similarities between authoritarian iconography and that of corporate branding campaigns receives fascinating treatment in Stephen Heller’s recent book, Iron Fists. Recommended.
Au bout du compte, nul ne s'est jamais davantage prévalu des droits sur les plus célèbres marques politiquement subversives que l'Allemagne nazie, l'Italie fasciste, l'Union soviétique et la Chine de Mao. Stephen Heller, dans son dernier livre, Iron fists (Poignes de fer, NdT), traite remarquablement des similarités entre l'iconographie totalitaire et celle des campagnes de publicité des marques. Lecture recommandée.

