GNU/Linux World Domination for the Wrong Reasons
Un article de Framalang Wiki.
Article évoquant l'importance "d'éduquer" les gens à la philosophie liée à GNU/Linux plutôt que de leur faire miroiter uniquement le côté économique.
Article original sur it management Earthweb.
| Pseudo | Code | Rôle | Statut |
|---|---|---|---|
| GaeliX | GLX | Traduction | Terminée |
| aKa | Relecture | Terminée | |
| aKa | Validation | Terminée |
Article en ligne à cette adresse : http://framablog.org/index.php/post/2008/04/05/democratisation-logiciel-libre-risque-rendez-vous-manque
Titre
GNU/Linux World Domination for the Wrong Reasons
De la domination de GNU/Linux pour de mauvaises raisons
Paragraphe 1
Whenever I hear people discussing GNU/Linux's prospects for becoming more popular, I'm reminded of a comment by Tommy Douglas, the social democrat who became a hero for introducing universal health care into Canada. If he could press a button and gain a million voters who did not understand his policies, he said, then he would not press that button. He meant that he was not in politics simply to be elected, but to gain supporters for his ideals -- and that he was determined not to lose sight of his long term goals while pursing short term ones.
A chaque fois que j'entends les gens parler des opportunités qu'a GNU/Linux de devenir de plus en plus populaire, je me souviens d'une réflexion de Tommy Douglas, le social-démocrate qui est devenu un héros pour la création de la couverture sociale universelle au Canada : "Si je pouvais appuyer sur un bouton et gagner un million d'électeurs qui n'ont pas compris ma politique", a-t-il dit, "je n'appuierais pas sur ce bouton". Il voulait dire par là qu'il ne faisait pas de la politique simplement pour être élu, mais pour amener d'autres personnes à partager ses idéaux - et qu'il était déterminé à ne pas perdre de vue ses objectifs à long terme tout en poursuivant ceux à court terme.
Paragraphe 2
The comment resonates for me because, increasingly, in the rush for market share, many people seem to lose sight of the fact that the goal of GNU/Linux and free software is not popularity in itself, but the wide acceptance of a set of ideals.
Cette reflexion a du sens pour moi parce que, de plus en plus, dans la hâte de s'attribuer des parts de marché, beaucoup de gens semblent perdre de vue que l'objectif de GNU / Linux et des logiciels libres n'est pas en soi d'être populaire, mais de faire accepter un ensemble d'idéaux à une plus grande audience.
Paragraphe 3
At its most basic, free software is about helping users gain control of their computers so that they can participate unhindered in the digital conversations of the networks and the Internet. It's about installing software freely, rather than being dictated to by the manufacturer. It's about using your computer the way that you want, instead of ceding control to lock-down devices installed by software vendors without permission on your machine.
A la base, le logiciel libre est là pour aider les utilisateurs à prendre le contrôle de leurs ordinateurs afin qu'ils puissent participer sans entrave aux communications numériques sur les réseaux et Internet. Il s'agit de pouvoir installer un logiciel librement, plutôt qu'encadrer par un fabricant. Il s'agit de pouvoir utiliser votre ordinateur comme vous le voulez, plutôt que d'en céder le contrôle à des boites noires installées par les éditeurs de logiciels sans votre autorisation.
Paragraphe 4
You could call its goal consumer activism if you like, but a more accurate description would be an extension of freedom of expression, and maybe even of association, the basic rights that modern industrial societies are supposed to be built on.
On pourrait qualifier cet objectif d'activisme de consommateurs si cela vous fait plaisir, mais une description plus adéquate serait "extension de la liberté d'expression", et peut-être même "extension de la liberté d'association", qui sont des droits fondamentaux sur lesquels les sociétés industrielles modernes sont censées être construites.
Paragraphe 5
However, these are rarely the goals you hear when bloggers and columnists talk about how GNU/Linux could become more popular. According to them (and their list has not greatly changed between 2002 and 2008), what the operating system needs is more commercial applications, better hardware support, enhanced interoperability with Windows, and more pre-loaded machines. And if they talk about GNU/Linux' improved prospects because of the resistance to Vista, they're likely to use the word "free" in terms of price or total cost of ownership, than of politics or philosophy.
Toutefois, ce sont rarement ces objectifs qui sont décrits par les bloggers et chroniqueurs quand ils évoquent les possibilités que GNU/Linux devienne plus populaire. Selon eux (et leurs critères n'ont pas beaucoup évolués entre 2002 et 2008), ce dont ce système d'exploitation a besoin c'est de plus d'applications commerciales, d'un meilleur support matériel, de l'amélioration de l'interopérabilité avec Windows, et de plus de machines pré-installées. Et quand ils évoquent l'embellie dans l'utilisation de GNU/Linux pour cause de résistance à Vista, ils vont plus se servir du mot «libre» pour parler de prix ou de coût total d'acquisition, que pour parler de politique ou de philosophie.
Paragraphe 6
What's mentioned, in short, is a business or technical perspective, one based on convenience rather than ideals. And, in the short term, there's nothing necessarily wrong with that (though I can't help reflecting that interoperability with Windows is one of the excuses for the infamous Microsoft-Novell pact in November 2006).
Ils abordent le sujet, en résumé, d'un point de vue business ou technique, plus fondé sur la facilité que sur les ideaux. Et, sur court terme, il n'y a rien de vraiment génant là dedans (même si je ne peux m'empêcher de penser que l'interopérabilité avec Windows est l'une des excuses pour le tristement célèbre accord Microsoft-Novell en novembre 2006).
Paragraphe 7
But, while I appreciate technical excellence as much as anyone, if all you want is a superior alternative to Windows, OS X will do you just as well -- possibly better, some insist. Like GNU/Linux, it's a UNIX-like system, while its usability is second to none. If your priority is technical performance, the fact that it's proprietary shouldn't matter to you.
Ceci dit, j'apprécie l'excellence technique autant que tout un chacun et si tout ce que vous voulez est une excellente alternative à Windows, OS X fera votre bonheur - peut-être plus encore, d'après certains. Comme GNU/Linux, c'est un sytème dérivé d'UNIX, mais dont la facilité d'utilisation est inégalée. Si votre priorité est la performance technique, le fait qu'elle soit propriétaire ne devrait pas trop vous poser de problèmes.
Paragraphe 8
Similarly, if cost-free applications attract you, enough Internet applications are floating around that you never need to pay a cent -- to say nothing of Acrobat and Flash players that are free for the download.
De la même façon, si les graticiels vous intéressent, il y a suffisement d'applications à disposition pour que vous n'ayez jamais à payer un cent, sans parler de d'Acrobat ou des lecteurs Flash qui sont téléchargeables gratuitement.
Paragraphe 9
And, in fact, at least as many people are turning to these alternatives as to GNU/Linux in their dis-satisfaction with Windows. Offhand, I can think of at least a dozen local consultants who offer free software server solutions via Drupal or Joomla! yet use OS X on their laptops.
En fait, au moins autant de gens se tournent vers ces solutions de rechange que vers GNU/Linux du fait de leur ressentiment envers Windows. Sans trop réfléchir, je pense à au moins une douzaine de consultants qui distribuent des solutions de serveur libre basées sur Drupal ou Joomla! et qui utilisent OS X sur leurs ordinateurs portables.
Paragraphe 10
In the same way, you only have to glance at the user forums of major distributions like Fedora or Ubuntu to see that more users are concerned with getting proprietary video drivers installed than with having control of their own computers. After all, the proprietary drivers are available at no cost, just like the ethically free ones, so why not use them, especially when they are technologically more advanced? I've even seen some users castigate Fedora for not providing the proprietary drivers in its repositories.
De la même manière, il vous suffit de jeter un coup d'oeil sur les forums des principales distributions comme Fedora ou Ubuntu pour voir que les utilisateurs sont plus intéressés par obtenir les pilotes vidéo propriétaires que d'avoir le contrôle de leurs ordinateurs. Après tout, les pilotes propriétaires sont disponibles, gratuitement, tout comme ceux qui le sont par choix éthique, alors pourquoi ne pas les utiliser, surtout quand ils sont technologiquement plus au point? J'ai même vu certains utilisateurs reprocher à Fedora de ne pas fournir les pilotes propriétaires dans ses dépôts.
Paragraphe 11
Never mind that to do so would be against Fedora's policy of including only free software -- with such users, the short term convenience of the technically superior proprietary drivers outweighs the ethos of freedom. Many of the complainers do not even appear to have heard of free software ideals. Nor do they bother listening when those ideals are raised.
Il ne leurs viendrait jamais à l'esprit que le faire serait contraire à la politique de Fedora de ne mettre à disposition que des logiciels libres - avec ces utilisateurs, l'avantage à court terme d'avoir des pilotes propriétaires techniquement supérieurs l'emporte sur l'éthique de la liberté. D'ailleurs, la plupart de ceux qui se plaignent semble ne jamais avoir entendu parler des idéaux défendus par les logiciels libres. Pas plus qu'ils ne se fatiguent à écouter quand ces idéaux sont évoqués.
Paragraphe 12
Admittedly, some might be using the proprietary drivers as a temporary expedience until improved free ones are released. Still, the general attitude suggests that they have no understanding of the long-term considerations whatsoever. Perhaps they might help swell the number of GNU/Linux users enough to encourage the manufacturers to release free software drivers, but I suspect that their real contribution is only to ensure the manufacturers that they can continue with their usual practices. For all the long-term good such users have done themselves or others, they might as well have stayed on Windows.
Certes, certains d'entre eux utilisent les pilotes propriétaires temporairement, en attendant que les pilotes libres performants soient disponibles. Mais, l'attitude générale donne à penser qu'ils n'ont aucune compréhension des objectifs à long terme. Peut-être qu'ils pourraient aider à augmenter suffisamment le nombre d'utilisateurs GNU/Linux pour encourager les fabricants à mettre à disposition les pilotes libres, mais je crains que leur contribution réelle ne soit que de conforter les fabricants dans leurs pratiques habituelles. En terme de bénéfices à long terme, pour eux-mêmes ou pour les autres, ils auraient tout aussi bien fait d'être restés sous Windows.
Paragraphe 13
The same lack of perspective is seen in other short-term reasons for using GNU/Linux. Anyone with a sense of fair play has to look at Microsoft or any other software monopoly with askance. Yet while hating or regulating monopolies can lead to short term successes, in the long term, such attitudes or efforts make very little difference. Dethrone one monopoly, and another rushes in to fill the vacuum. Even more importantly, no matter which company has the monopoly, it is still likely to be proprietary.
On retrouve le même manque de perspective dans d'autres raisons à court terme d'utiliser GNU/Linux. Toute personne ayant le sens l'équité se doit de s'interroger sur Microsoft ou tout autre logiciel en situation de monopole. Bien que refus ou la réglementation des monopoles puisse conduire à des victoires à court terme, sur le long terme, de telles attitudes ou efforts font très peu de différence. Détruisez un monopole, et un autre se précipitera pour combler la brèche. Plus important encore, qu'importe la société qui a le monopole, il y a de fortes chances qu'il soit propriétaire.
Paragraphe 14
"The trouble with talking about monopolies," Peter Brown, the executive director of the Free Software Foundation told me a couple of years ago, "Is that it suggests that, if it wasn't a monopoly, if there was competition among proprietary companies, that would be okay with us. But, no, it wouldn't make it okay from our viewpoint."
"Le problème quand on parle des monopoles", m'a dit il ya quelques années Peter Brown, directeur exécutif de la Free Software Foundation: «C'est qu'on laisse à penser que si il ne s'agissait pas d'un monopole, si il y avait de la concurrence entre les sociétés propriétaires, alors cela ne nous poserait pas de problème. Mais c'est faux, ce ne serait pas de satisfaisant notre point de vue.
Paragraphe 15
Brown continues, "We never want to advocate for a short term victory, because that makes people focus on the wrong issues. We've always got to focus on the bigger issue, so if people are going to choose free software, they're going to choose it for the right reasons."
Et brown de continuer, "Nous ne voulons nous battre pour une victoire à court terme, car cela focalise les gens sur de mauvaises questions. Nous avons toujours eu à coeur de nous concentrer sur les plus gros problèmes, de façon à ce que si des gens s'orientent vers les logiciels libres, ils les fassent pour les bonnes raisons. "
Paragraphe 16
Or, as Richard Stallman explained to me in 2007, "The goal of the free software movement is to put you in control of the software you use. Then, if you want to make it more powerful, you can work at making it more powerful."
Ou, comme Richard Stallman me l'a expliqué en 2007, «L'objectif du mouvement logiciel libre est de vous donner le contrôle du logiciel que vous utilisez. Ensuite, si vous voulez le rendre plus puissant, vous pouvez travailler à le rendre plus puissant ».
Paragraphe 17
Forget those priorities, and you might as well not bother setting up a GNU/Linux workstation or laptop. You've lost sight of what's important and different.
Oubliez ces priorités, et ce n'est même pas la peine de vous ennuyez à configurer un poste de travail ou un portable sous GNU/Linux. Vous avez perdu de vue ce qui est important et différent.
Paragraphe 18
As Peter Brown said on behalf of the Free Software Foundation, "At the end of the day, we are not trying to be the most popular organization in the world. A lot of organizations look at a situation and say, 'What's the best way to get ahead? How do we have to compromise our beliefs to achieve something, to become more popular and successful?' But when you have a leader like Richard Stallman, those considerations are just never there. There's none of this short term stuff. Our job is to raise free software as an ethical issue. And we can go forward from there."
Comme Peter Brown a déclaré au nom de la Free Software Foundation, "A la fin de la journée, nous ne cherchons pas à être l'organisation la populaires du monde. Beaucoup d'organisations examinent leur situation et se disent: "Quelle est la meilleure façon d'être en avance sur les autres ? Comment allons-nous composer avec notre ligne de conduite pour réaliser quelque chose, pour devenir plus populaire et réussir?" Mais quand vous avez un chef de file comme Richard Stallman, ces considérations ne sont jamais de mise. Il n'y a pas de considérations à court terme. Notre travail consiste élever le logiciel libre au status de question éthique. Et à partir de là, nous pouvons aller de l'avant .
Paragraphe 19
Seeing GNU/Linux shift from the fringe to the mainstream is exciting, no question. Being part of that shift is even more so. Yet in the rebellious glee of watching the paradigms shifting, we need to consider that acceptance can sometimes come at too high a cost. True, insisting that the ethics that built the operating system share in its success may delay or even halt that same success. Yet if those ethics don't survive, then the success will not be worth having.
Voir GNU/Linux passer de l'ombre à la lumière est passionnant, aucun doute là dessus. Faire partie de cet transformation l'est encore plus. Pourtant, dans la joie rebelle de regarder ces paradigmes évoluer, il nous faut prendre en compte que l'acceptation se fait parfois à un prix trop élevé. Il est vrai qu'insister pour que l'éthique de partage à la base de ce système d'exploitation fasse partie de son succès peut retarder ou même de mettre fin à ce même succès. Pourtant, si cette éthique ne survit pas, ce succès ne vaudra rien.

