ODF: The inevitable format

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Article paru sur le site Red Hat Magazine, et traitant de l'inévitable format ODF.


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Article publié à cette adresse : http://framablog.org/index.php/post/2008/01/20/Open-Document-Format-ODF-vs-OpenXML-OOXML

Sommaire

Titre

ODF: The inevitable format


ODF [Open Document Format] : Le format inévitable

Paragraphe 1

In 1999, a scientist wanted to look at some data from soil samples collected on Mars in 1975 by the Viking lander. He wanted to test a theory about detecting the existence of Martian bacteria and microbes–in other words, finding life on Mars. The scientist thought he would find what he needed on a NASA website somewhere, but it wasn’t that easy. The original data had been misplaced, and when the huge magnetic tapes that stored the data were found, they were “in a format so old that the programmers who knew it had died.” Someone finally found a ream of paper printouts propping a door open and humanity’s understanding of the universe expanded a bit more. The tragic sense that would have accompanied the loss of this knowledge is echoed in accounts of the destruction of the Library at Alexandria, and probably why book-burnings are seen as a sure sign that a society is unhealthy.


En 1999, un scientifique voulait consulter des données sur les échantillons collectés sur le sol de Mars en 1975 par la sonde Viking. Il voulait tester une théorie sur la détection de l'existence de bactéries et de microbes Martiens - en d'autres termes, trouver de la vie sur Mars. Le scientifique pensait qu'il trouverait ce qu'il cherchait quelque part sur un site de la NASA, mais ce ne fut pas si simple. Les données originales avaient été égarées, et lorsque l'on retrouva les énormes bandes magnétiques qui conservaient les données, elles étaient "dans un format si ancien que le programmeur qui le connaissait était mort." Quelqu'un trouva finalement une ramette d'impressions papier qui tenaient une porte ouverte, et la compréhension de l'univers par l'humanité se développa un peu plus... Le sentiment tragique qui aurait accompagné la perte de cette connaissance est l'écho des récits de la destruction de la Bibliothèque d'Alexandrie, et probablement ce pourquoi les autodafés sont un signe certain d'une société malade.

Paragraphe 2

Of course, not all lost or inaccessible data holds clues to life on Mars, and not every shred of information needs to outlive its creator. Many unreadable documents will never be missed, but responsible public policy demands that government documents–contracts, deeds, or court records that remain in force for decades or even centuries–must be archived and accessible. Whatever the case, when data is stored and shared on legacy or defunct proprietary formats, over time it will either become expensive to access or disappear entirely.
Bien sûr, toutes les données perdues ou inaccessibles ne contiennent pas des preuves de la vie sur Mars, et toutes les bribes d'informations n'ont pas besoin de survivre à leur créateur. Beaucoup de documents illisibles ne manqueront jamais, mais une politique publique responsable demande que les documents gouvernementaux - contrats, actes notariés ou enregistrements juridiques qui ont force pour des décades ou même des siècles - doivent être archivés et accessibles. Quel que soit le cas, quand la donnée est stockée et partagée dans un format ancien ou propriétaire disparu, au fil du temps elle deviendra onéreuse à accéder ou disparaitra entièrement.

Paragraphe 3

When it comes to digitally creating, sharing, and storing documents, the technology to prevent format-based decay already exists and is in wide (and growing) use. It’s called the Open Document Format (ODF) and if you’re not currently using it, someday you will.
Lorsque l'on parle de créer, partager ou stocker numériquement des documents, la technologie qui prévient le dépérissement des formats existe déjà et elle est largement (et de plus en plus) utilisée. Elle s'appelle l'Open Document Format (ODF) et si vous ne l'utilisez pas aujourd'hui, vous le ferez sûrement un jour.

Paragraphe 4

The ODF, an XML-based document markup language, was first developed in 1999 by Stardivision and then by Sun Microsystem’s Openoffice.org project. Conceived as an open alternative to the proprietary document handling software, which then dominated the world, the driving force behind the ODF was the need for a vendor-neutral document format independent of any single application, readable and writable for all, without any royalty of licensing “encumbrances.” It was promoted on the basis that business and taxpayers would save money. An open format would create competition in the document application sphere. All documents could be read and shared by everyone. Nothing could be lost to time or changes in proprietary code or licensing requirements. Matters of great public interest - census data, weather data, public health statistics, investigative reports, court records and basic scientific research, all paid for by taxpayers, would no longer be encoded on a single, proprietary closed-standard format, requiring citizens to pay twice for access to their own information. Using ODF, proponents said, would keep public documents public.


ODF, un langage de description de document basé sur le XML, a été initialement développé en 1999 par StarDivision, et ensuite par le projet OpenOffice.org de Sun Microsystem [NDT : suite au rachat de StarOffice par Sun]. Conçu comme une alternative libre aux logiciels de gestion de documents propriétaires, qui dominaient alors le marché, la force motrice soutenant l'ODF était le besoin d'un format de document indépendant d'un éditeur et d'une application, lisible et enregistrable par tous, sans s'encombrer de royalties dues aux licences. Sa promotion se basait sur le fait que le monde des affaires et les contribuables pourraient économiser de l'argent. Un format ouvert créerait une compétition dans la sphère des applications de gestion de documents. Tous les documents pourraient être lus et partagés par quiconque. Rien ne pourrait se perdre à cause du temps ou suite à des changements dans un code propriétaire ou à des exigences de licences. Des sujets de grand intérêt public - données de recensement, données météorologiques, statistiques sur la santé publique, rapports d'enquêtes, enregistrements de tribunaux ou recherche fondamentale scientifique, tous payés par les contribuables, ne seraient plus encodés dans un format unique, propriétaire et fermé, demandant aux citoyens de payer double pour accéder à leurs propres informations. L'utilisation de l'ODF, disent ses partisans, permettrait de garder publics les documents publics.

Paragraphe 5

The Organization for the Advancement of Structured Information Standards (OASIS) was formed in 2002 to standardize the format, which was recognized by the International Organization for Standardization (ISO) in 2006. The Open Document Format Alliance was formed in March of 2006 to promote the format, making the public, legal and political case for the adoption of open technology standards to governments and public institutions.
L'Organisation pour la Promotion des Standards sur l'Information Structurée (OASIS) a été fondée en 2002 pour standardiser le format, qui a été reconnu par l'Organisation Internationale pour la Standardisation (ISO) en 2006 [NDT : ISO/IEC 26300, Open Document Format for Office Applications (OpenDocument) v1.0]. L'Alliance pour le formation l'ODF s'est formée en mars 2006 pour promouvoir le format, et défendre le dossier public, légal et politique pour l'adoption de standards ouverts technologiques auprès des gouvernements et des institutions publiques.

Paragraphe 6

“Red Hat was a founding member of the ODF Alliance and Tom Rabon [Vice President of Corporate Affairs] serves on the executive committee,” says Stephanie McGarrah, outgoing Red Hat Public Policy Manager. “Red Hat works with other executive committee members to coordinate efforts to talk with governments around the world about ODF.”
"Red Hat était un membre fondateur de l'Alliance ODF et Tom Rabon [Vice-Président Corporate Affairs] est au comité exécutif," déclare Stéphanie McGarrah, ancienne Responsable des Politiques Publiques de Red Hat. "Red Hat travaille avec les autres membres du comité exécutif pour coordonner les efforts dans les discussions avec les gouvernements du monde entier à propos de l'ODF."

Paragraphe 7

Although the ODF was launched with a great gust of common sense blowing at its back, the momentum of widespread adoption has been hindered by bureaucratic inertia, local politics, persistent misconceptions (reinforced by opponents) about ODF’s viability and the “dangers” of adoption. Most of the fear, uncertainty and doubt has emanated from one source, on whose proprietary formats most of the world’s documents currently reside.
Bien que l'ODF ait été lancé avec beaucoup de bon sens, l'élan d'une large adoption a été entravé par l'inertie bureaucratique, les politiques locales, des idées fausses persistantes (renforcées par ses opposants) à propos de la viabilité de l'ODF et les "dangers" de son adoption. La plupart de la peur, de l'incertitude et du doute ont émané d'une source, dont les formats propriétaires constituent la plupart des documents dans le monde.

Paragraphe 8

Opponents of the ODF do not concede its inevitable adoption, and actively lobby against it. It’s not that anyone is against the ODF in and of itself, or finds any real reason to question its necessity. The logic behind the ODF and the transparency of its creation is fairly unassailable. Rather, it is the open standards on which the ODF is based that are most attacked. From the detractors’ point of view, things are just fine the way they are now. The “standard” is theirs. They own the document “market,” and think of it as “territory” they “won” fair and square. They can’t foresee a future without them (that’s not in their business plan), and as long as everybody is already using their applications and formats, why change? Opponents of the ODF devote considerable resources to lobbying legislatures and executive branch IT advisory boards in an attempt to convince them that the adoption of the ODF actually limits choice and harms market-driven efficiency by “locking out” vendors like them. They say migration is expensive, and even argue that adoption of the ODF will limit public access by cluttering the environment with too many “incompatible” formats. And who really trusts all this “free stuff,” anyway?
Les opposants à l'ODF ne peuvent admettre son adoption inévitable, et pratiquent un lobby actif à son encontre. Ce n'est pas que quelqu'un soit contre le format ODF en lui-même, ou trouve une quelconque vraie raison pour remettre en cause sa nécessité. La logique qui soutient l'ODF et la transparence de sa création est presque inexpugnable. Ce sont plutôt les standards ouverts sur lesquels l'ODF est bâti qui sont le plus souvent attaqués. Du point de vue de ses détracteurs, les choses sont bien telles qu'elles sont actuellement. Le « standard » est le leur. Ils ont la main mise sur le "marché" du document, et l'envisagent comme un "territoire" qu'ils ont "conquis" de façon juste. Ils ne peuvent envisager un futur sans lui (ça ne fait pas partie de leur plan stratégique), et tant que tout le monde utilise leurs applications et leurs formats, pourquoi changer ? Les opposants à l'ODF consacrent des ressources considérables à faire du lobbying auprès des législatures et des conseils d'administrations dans une tentative de les convaincre que l'adoption du format ODF limite en fait leur choix et fait du tort à l'efficacité apportée par le marché en "excluant" des éditeurs comme eux. Ils disent que la migration est coûteuse, et soutiennent même que l'adoption de l'ODF limitera l'accès public en encombrant l'environnement avec de trop nombreux formats "incompatibles". Et qui peut réellement croire tous ces "machins libres", d'ailleurs ?

Paragraphe 9

But proponents like the ODF Alliance have arguments of their own, and most of them come from “Actually, the opposite is true…” school of refutation.
Mais les partisans comme l'Alliance ODF ont leurs propres arguments, et la plupart d'entre eux sont issus de la preuve du contraire, du genre "En fait, c'est l'inverse qui est vrai...".

Paragraphe 10

The ODF Alliance contends that open standards actually promote choice and vendor competition by leveling the playing field. The standard is open and freely available for anyone to implement. There is no competition over the format, just the application used to handle it. In this universe, the best applications win. The ODF alliance also points out that implementing or migrating to ODF is no more complicated or costly than periodically upgrading from one version of a proprietary application to the next, and by obviating the need for future upgrades, real money is saved over time. As for accessibility, Open Office (and other ODF-compliant applications) are freely down-loadable and ready to use now. There are no actual compatibility issues, they say, only non-cooperation issues.
L'Alliance ODF défend l'idée que - au contraire - les standards ouverts encouragent le choix et la compétition entre fournisseurs en égalisant le terrain de jeu. Le standard est ouvert et disponible librement pour quiconque veut le mettre en oeuvre. Il n'y a pas de compétition autour du format, mais uniquement sur les applications qui l'utilisent. Dans cet univers, c'est la meilleure application qui gagne. L'alliance ODF souligne aussi que la mise en place ou la migration vers l'ODF n'est pas plus compliquée ou plus coûteuse que la mise à jour périodique d'une version à l'autre d'une application propriétaire, et en limitant les besoins de mises à jour futures, des réelles économies peuvent être réalisées avec le temps. À propos de l'accessibilité, Open Office (et les autres applications conformes à l'ODF) sont librement téléchargeables et prêtes à utiliser dès maintenant. Il n'y a pas de problèmes de compatibilité, disent-ils, seulement des problèmes de non coopération.

Paragraphe 11

“I think that some governments either aren’t aware of ODF or don’t have the technical staff in place who understand the value of ODF,” McGarrah explains. “So, it’s the alliance’s job to spread that message to the people in government who make those decisions.”
« Je pense que certains gouvernements ne sont pas au courant de l'ODF, ou n'ont pas les équipes techniques en place pour comprendre la valeur de l'ODF, » explique McGarrah. « Ainsi, c'est le travail de l'Alliance de diffuser ce message auprès des personnes au gouvernement qui prennent ces décisions ».

Paragraphe 12

But the unshakable argument in favor of using ODF for public documents is the fact that it’s a better deal for citizens and taxpayers in the long run. Using closed-standard, proprietary software for public documents is like buying the proverbial $10,000 toilet seat, or prohibiting the federal government from negotiating better drug prices with pharmaceutical companies on behalf of Medicaid and Medicare patients, or trying to feed an army and rebuild a warzone by awarding secret, non-competitive, no-bid contracts. It’s non-competitive in the worst sense.
Mais l'argument irréfutable en faveur de l'utilisation de l'ODF pour les documents publics est le fait que c'est une meilleure affaire pour les citoyens et les contribuables sur le long terme. Utiliser des « standards » fermés, du logiciel propriétaire pour des documents publics est comme acheter le proverbial siège de toilettes à 10 000 $, ou interdire au gouvernement fédéral de négocier de meilleurs prix sur les médicaments auprès des sociétés pharmaceutiques au nom de patients de Medicaid et Medicare, ou essayer de nourrir une armée et reconstruire une zone de guerre en accordant des contrats secrets, non compétitifs et sans appels d'offre. C'est anti-compétitif dans le pire sens.

Paragraphe 13

Despite opposition, adoption of the ODF is making slow but inexorable headway, and as a greater understanding of the issue is reached by policymakers, the ODF will challenge the standing ubiquity of proprietary formats. Moving the issue forward, Japan recently required that all its ministries contract with software vendors whose applications are built around open standards. Brazil, Poland, Malaysia, Italy, Korea, Norway, France, The Netherlands, Denmark, Belgium, The Commonwealth of Massachusetts, and the Dehli State Government in India have all made commitments in principle to adopting the ODF and, perhaps more importantly, recognizing the imperative of using open standards. The ODF Alliance continues to arm and enlighten policy-makers with the information and tools they need to make recommendations and change policy, but no one promoting the ODF think its widespread adoption is imminent. It will take time.
Malgré l'opposition, l'adoption de l'ODF suit une progression lente mais inexorable, et plus les politiciens prennent conscience de ce problème, plus l'ODF viendra défier l'ubiquité actuelle des formats propriétaires. Faisant un pas de plus en avant, le Japon a récemment demandé à ce que ses ministères passent des contrats avec des éditeurs de logiciels dont les applications sont bâties autour de standards ouverts. Le Brésil, la Pologne, la Malaisie, l'Italie, la Corée, la Norvège, la France, les Pays-Bas, le Danemark, la Belgique, le Commonwealth du Massachussetts, et le gouvernement de l'État de Delhi en Inde ont tous pris des engagements de principe sur l'adoption de l'ODF et, peut-être plus important, reconnaissent la nécessité d'utiliser des standards ouverts. L'Alliance ODF continue à équiper et éclairer les décisionnaires avec l'information et les outils dont ils ont besoin pour faire des recommandations et des politiques de changement, mais personne faisant la promotion de l'ODF ne pense qu'une large adoption est imminente. Cela prendra du temps.

Paragraphe 14

“These decision makers have a lot of other issues to deal with (i.e. Health care, education, transportation, poverty…) so technology decisions aren’t usually at the top of their lists,” says McGarrah. “Progress has been made on the wider adoption of ODF. Several governments have adopted ODF and are working to implement the standard, but there is a lot of work to do.”
« Ces décisionnaires ont beaucoup d'autres problèmes à gérer (par exemple : santé publique, éducation, transports, pauvreté...) et les décisions technologiques ne sont généralement pas en haut de leurs listes », déclare McGarrah. « Des progrès ont été faits dans une adoption plus large de l'ODF. Plusieurs gouvernements ont adopté l'ODF ou travaillent sur la mise en place du standard, mais il y a encore beaucoup de travail. »