I'd like to introduce to you the 2008 the Monaco Media Prize Winner, Professor Lawrence Lessig of Stanford University, co-founder of the Creative Commons who is one of the bests. His demos are legendary, we are lucky to have him. Well actually not lucky to have him, we arranged it. And as soon as we get wired up here we'll be ready to go.
J'ai le plaisir de vous présenter le lauréat du prix Monaco Media 2008, le Professeur Lawrence Lessig de l'université de Stanford, co-fondateur des Creative Commons, une personne formidable. Ses présentations sont légendaires et nous sommes chanceux de l'accueillir. Bon ok, c'est pas vraiment de la chance, nous l'avons invité. Dès que la régie technique sera prête ici on pourra commencer.
We had to do a hot swapping, we needed 3 podiums this year. Anyway, I'm just to remind everybody: from here we are going to have our pre-announce, our final morning session is going to be Lionel Barber from Financial Times talking to two of our co-chairs, Niklas Zennstrom from Joost and Atomico and Morris Levy, our publicist co-chair, and they are going to be talking about I think (do you have the size up ? Good) they are going to have a free ranging discussion on the digital imperative and I'm looking forward to that and these guys... how are we doing? Are we close? All set! Have we got the mics here? Fantastic! Lawrence Lessig!
Tout se fait un peu dans la précipitation, nous aurions eu besoin de 3 podiums cette année. J'en profite pour faire un rappel : je vais vous mettre l'eau à la bouche, notre dernière session de la matinée mettra Lionel Barber du Financial Times face à deux de nos rapporteurs, Niklas Zennstrom de Joost et Atomico et Morris Levy, notre agent de presse, et ils parleront, je crois (On a la taille supérieure ? Super) ils auront une discussion libre sur les impératifs numériques et je suis impatient d'y assister et ils... où on en est ? Presque fini ? Tout est prêt ! On a les micros ? Formidable ! Lawrence Lessig !
1ère histoire
Ok, I apologize this is taking one second longer than it should.
Ok, can we go up to the screen please?
--DRI 13 janvier 2009 à 23:56 (CET):
Je pense qu'on pourrait commencer la trad seulement ici, le début du texte n'ayant aucun intérêt ?
--Olivier 23 février 2009 à 10:19 (CET):
C'est pas faux
So, I want to start with some stories. 3 stories:
Je suis désolé que ça prenne plus de temps que prévu.
Je vous invite à regarder l'écran maintenant.
Donc, je voudrais commencer avec quelques histoires. Trois histoires :
Number 1: 1906; this man, John Philip Soussa travelled to visit this place: United States Capitol to talk about this technology he referred to as the talking machines. John Philip Soussa was not a fan of the talking machines. This is what he had to say:
"The talking machines are going to ruin the artistic development of music in this country. When I was a boy, in front of every house in the summer evenings you would find the young people together, singing the songs of the day or the old songs. Today you hear these infernal machines going night and day. We will not have a vocal cord left. The vocal cords will be eliminated by a process of evolution, as was the tail of man when he came from the ape."
Histoire numéro 1 : 1906 ; cet homme, John Philip Soussa s'est rendu à cet endroit : le Capitole pour parler d'une technologie qu'il appelle les machines parlantes. John Philip Soussa n'était pas un fan de ces machines parlantes. Voilà ce qu'il avait à dire : "Les machines parlantes vont anéantir le développement artistique de la musique dans ce pays. Quand je n'étais qu'un garçon, les soirs d'été, devant toutes les maisons les jeunes gens se réunissaient pour chanter les chansons à la mode ou les vieilles chansons. Aujourd'hui ces machines infernales tournent jour et nuit. Nos cordes vocales vont disparaître. Les cordes vocales seront éliminées par un processus d'évolution comme le fut la queue de l'homme quand il est descendu du singe."
Now this is the picture I want you to focus on, the idea of young people together singing the songs of the day or the old songs. This is a picture of culture, using modern computer terminology we can call it "read-write" culture. It is a culture where people participate in the creation and the re-creations of their culture and in that sense it is "read-write". Soussa's fear was that we could lose the capacity to engage in this "read-write" creativity because of these "infernal machines", they were taking it away, displacing it. And in its place we would have the opposite of read-write creativity; what we could call using modern computer terminology a kind of "read-only" culture. A culture where creativity is consumed by the consumer and the consumer is not a creator. A culture that is top-own, the "vocal cords" of the millions have been lost. That is story one.
Voilà l'idée sur laquelle je veux que nous nous concentrions, l'idée de jeunes gens se réunissant pour chanter les chansons à la mode ou les vieilles chansons. C'est une idée de la culture, en terminologie informatique moderne nous l'appellerions une culture en "lecture-écriture". Soussa craignait que nous perdions la capacité à nous engager dans cette créativité en "lecture-écriture" à cause de ces "machines infernales", qu'elles la feraient disparaître, qu'elles la remplaceraient. Qu'elles la remplaceraient par le contraire de la culture en "lecture-écriture", en terminologie informatique moderne nous l'appellerions une culture en "lecture seule". Une culture où la créativité est consommée par les consommateurs et où le consommateur n'est pas un créateur. Une culture descendante, les "cordes vocales" de la masse sont perdues. Voilà pour la première histoire.
2ème histoire
Here is story 2: 1919. The United States in 1919 launched an extraordinary experiment, a war against an obvious evil, the war against dependence on alcohol. This war was pushed by feminist movement in the United States, the temperance movement that had the objective of removing the production and the consumption of alcohol from as much of the United States as they could.But by 1925 people increasingly recognized that this war had failed. This war has been waged as all wars are, without limits, but increasingly people recognized the cost of this war. Cost including the rise of organized crime, and the fall of civil rights and they began to realize that the costs of this war were outweighing the benefits. So in 1933 the United States declared peace on this war. 21st amendment repealed the 18th amendment. But what is important to recognize is what was not repealed was the aim of fighting this important problem: dependence on alcohol, what was repealed was the idea of using war to fight it. Second story.
Voilà l'histoire 2 : 1919. Les États-Unis se lancent dans une expérience extraordinaire, une guerre contre un démon indiscutable, la guerre contre la dépendance à l'alcool. Cette guerre a été initiée par des mouvements féministes aux États-Unis, le mouvement pour la sobriété dont le but était de mettre un terme à la production et à la consommation d'alcool dans tous les États-Unis. Mais dès 1925 il devient évident aux yeux des gens que cette guerre était un échec. Cette guerre avait été menée comme le sont toutes les guerres, sans limites, mais les gens devenaient de plus en plus conscient du coût de cette guerre, au rang desquels on peut citer la montée du crime organisé et l'abandon des libertés individuelles et ils ont alors réalisé que le remède était pire que le mal. En 1933 les États-Unis ont donc déposé les armes dans cette guerre. Le 21ème amendement abrogea le 18ème amendement. Mais ce qu'il ne faut pas perdre de vue c'est que ce n'est pas le combat contre ce problème important, la dépendance à l'alcool, qui a été abrogé : ce qui a été abrogé c'était l'idée d'utiliser la guerre pour la combattre. Deuxième histoire.
3ème histoire
Here is the third: 1968, just 2 months after his assassination at the democratic national convention, this film "Robert Kennedy remembered" was displayed. This film had been created by this extraordinary film-maker, Charles Guggenheim, who had won many oscars for his many documentary films capturing much of the 50's, 60's and 70's in the United States history. Charles Guggenheim has a daughter, Grace Guggenheim. Grace has spent 20 years of her life seeking on objective, to make it possible to redistribute her father's films. Now, why would it take 20 years to enable that? Well, as you know, documentaries are often made of snippets from other works. So, for example, you might have 60 seconds taken from a CBS news show. The practice of producing documentaries for most of the 20th century is basically this: you would sign a contract license. It would say: #1: all rights are governed by this license and #2: we are going to give, for example, a 5 years North American educational use right for this work, nobody ever thinking about what happens after 5 years because of course, after 5 years the right to distribute this work disappears without going back and re-obtaining the permission from the original rights holders. This is not a matter of fair use because the license had eliminated the fair use claiming "All rights are governed by this license".
Voici la troisième : 1968, seulement deux mois après son assassinat lors de la convention nationale du parti démocrate, ce film, "Robert Kennedy remembered", a été présenté. Ce film est l'œuvre d'un réalisateur extraordinaire, Charles Guggenheim, lauréat de nombreux Oscars pour ses nombreux documentaires saisissant l'essentiel de l'histoire des États-Unis des années 50, 60 et 70. Charles Guggenheim a une fille, Grace Guggenheim. Grace a dédié 20 ans de sa vie à la poursuite d'un objectif, rendre possible la redistribution des films de son père. Pourquoi est-ce si long ? Et bien, comme vous le savez, les documentaires sont souvent construits à partir de fragments d'autres œuvres. Vous aurez par exemple 60 secondes tirées d'un programme de CBS. La production de documentaires au 20ème siècle suit grossièrement ce schéma : vous signez un contrat de licence. Il stipule : #1 : tous les droits sont gouvernés par cette licence et #2 : nous vous octroyons, par exemple, un droit d'utilisation de ce travail de 5 ans pour un usage éducatif limité à l'Amérique du Nord, sans jamais que personne ne pense à ce qu'il advient après 5 ans, car évidemment, après 5 ans le droit de distribuer l'œuvre expire sans de nouvelles négociations avec les ayants-droit. On ne peut pas ici invoquer le fair use car la licence l'élimine en revendiquant "Tous les droits sont gouvernés par cette licence".
A practice of cultural production that was oblivious to the consequences for access to culture in the future. So we live in a world where basically every single published book in history is accessible today but an extraordinary important chunk of archives of film from the 20th century will be completely inaccessible in just 10 years.
Ok, those were the stories, here is the argument:
C'est une pratique de production culturelle inconsciente des conséquences pour l'accès à la culture dans le futur. Nous vivons donc dans un monde ou pratiquement tous les livres publiés dans l'histoire sont aujourd'hui accessibles mais un pan entier d'archives cinématographiques du 20ème siècle sera complètement inaccessible dans à peine 10 ans.
J'en ai fini avec les histoires, passons au débat :
Intro argumentation
We are in the middle of this war. Actually the United States is in many wars, but I want to talk about here is the "Copyright Wars". Wars which my friend the late Jack Valenti, a man to whom I dedicated my latest book referred to as his own "terrorist war" where apparently the terrorists in this war are our children. So, as with the war that Soussa helped launch when he talked against the talking machines, this war is inspired by a certain kind of fear, a fear of this new technology, a fear this new technology will radically change the way culture gets made. And as with the war to stop illegal booze leaking, one decade into this war we need to recognize that this war too has failed. It has not in any significant sense reduced the "bad" behaviour that it targeted, here is a graph of P2P file sharing over the last four years. But one thing we have learned from this is P2P file sharers do not read Supreme Court opinions because here we have the Supreme Court perfectly, clearly saying this behaviour is illegal and yet we do not have any significant drop off in this illegal behaviour, indeed it has continued to grow. All that this war has done is to steer us away from the critical issues about copyright and culture, like how best to preserve access to our culture, and rendered our kids criminals.
Nous sommes en plein dans cette guerre. En fait les États-Unis sont engagés dans de nombreuses guerres, mais là je parle des "Guerres des Copyrights". Des guerres que mon ami feu Jack Valenti, a qui j'ai dédié mon dernier livre, appelait sa propre "guerre contre le terrorisme" où apparemment les terroristes sont nos enfants. Ainsi, tout comme l'a été la guerre lancée par Soussa quand il parlait des "machines parlantes", cette guerre a pour origine la peur, la peur de cette nouvelle technologie, la peur que cette nouvelle technologie transforme radicalement la production de la culture. Et tout comme la guerre pour bannir l'alcool, après 10 années de conflit il est temps de reconnaître que cette guerre aussi est un échec. Les "mauvais" comportements visés n'ont en rien étaient éradiqués. Voici un graphique des échanges en P2P au cours des 4 dernières années. Si nous avons appris quelque chose c'est simplement que les gens qui partagent des fichiers en P2P ne lisent pas les rapports de la Court Suprême. Ici la Court Suprême établit clairement que ce comportement est illégal et pourtant nous n'observons aucune diminution significative de cette pratique illégale, elle continue même à augmenter. Cette guerre a simplement réussi à nous détourner des vrais problèmes touchant au copyright et à la culture, la préservation de l'accès à la culture par exemple, et à criminaliser nos enfants.
Now, as an American, I know that we Americans seem to have a thing for long and hopeless wars and so it might run in our blood in some sense but I want to stand before you here as an American and say we have got to stop suing our kids and start suing for peace in this war.
En tant qu'américain, et je sais que nous autres américains semblons avoir un faible pour les guerres longues et sans issue, c'est peut-être dans nos gènes, mais je veux me tenir devant vous en tant qu'américain et vous dire que nous devons arrêter de poursuivre nos enfants en justice, nous devons militer pour l'armistice.
But a decade to this war we should recognize what an extraordinary waste it has been and stop it, and recognize that the problem here is not something called copyright. The problem here is a particular architecture of copyright that is out of date with the architecture of digital technologies. The technology requires that we update, or translate, this system for regulation, an essential system even in the digital age, for the digital age. Now, how do we do that?
Well, I would like to outline 3 things, 3 responses:
Après 10 ans de cette guerre nous devrions reconnaître le gâchis qu'elle est vraiment et y mettre un terme. Nous devons reconnaître que le problème ne vient pas des copyrights. Le problème vient d'une architecture particulière des copyrights qui est dépassée à l'âge des technologies numériques. La technologie nous pousse à mettre à jour ce système de régulation, ou que nous l'adaptions. C'est un système vital, même à l'ère du numérique, pour l'ère du numérique. Mais comment s'y prendre ?
Et bien j'aimerai mettre en avant 3 choses, 3 réponses :
1ère réponse
1
The first is purely voluntary. It is that people like you practice balance in this space, that you for example follow artists like these: the Beastie Boys, David Bryne, Gilberto Gil, My morning jacket and this year Girl Talk, and Radiohead, and Nine inch nails in embrassing licenses that express freedoms associated with contents so that people can do the things they would do, but do them legally, or companies like these, including the most extraordinary new photosharing site to enable people build this expression of freedom into their contents, these licenses which of course I helped start this Creative Commons movement which now has more than 150 million objects out there licensed freely. This is one way to express and practice balance in the digital age.
La première est purement volontaire. Il faut que les gens comme vous maintiennent un équilibre dans cet espace, que vous souteniez par exemple des artistes tels que les Beastie Boys, David Bryne, Gilberto Gil, My morning jacket ou plus récemment Girl Talk, Radiohead et Nine Inch Nails qui se sont tournés vers des licences qui libèrent les contenus afin que les gens puissent faire ce qu'ils font de toute façon, mais en toute légalité, ou des entreprises comme celles-ci : au rang desquels on trouve le plus formidable des sites de partage de photos qui permet aux gens de libérer leurs créations. Ces licences, dont j'ai participé à l'élaboration, sont à l'origine du mouvement des Creative Commons qui recense actuellement plus de 150 million d'objets sous licence libre. C'est une manière de maintenir un équilibre à l'ère du numérique.
2
But this practice, this step, I think is an important first step not enough. We need to create balance in the law and one way to create balance is to distinguish as Soussa did between the amateur and the professional. The copyright system has got to encourage both. We need to build incentives for the professionals while freedom for the amateurs is preserved, and that means that we think of the professional and recognize the way digital technologies are extending the read-only culture of the 20th century into the 21st century. So, for example, the poster child for this is the Apple Corporation with the iTunes music store enabling you for 99 cents to download any song to your iPod, but of course only to your iPod, but anyway, you are guaranteed in the United States to be cool if you do this. This is an important part of culture and that is extraordinarily important even in the 21st century to preserve.
Mais cet équilibre, ce petit pas, même si c'est un pas important n'est pas suffisant. La loi doit aussi participer à cet équilibre et pour cela il faut faire la distinction, comme le faisait Soussa, entre amateurs et professionnels. Le système de copyright doit encourager les deux. La création par les professionnels doit être encouragée tandis que la liberté pour les amateurs doit être préservée. Il faut donc reconnaître le travail des professionnels et le fait que les technologies numériques peuvent aussi être l'adaptation au 21ème siècle de la culture en "lecture seule" du 20ème siècle. Le symbole de cette extension est Apple qui avec iTunes vous permet pour 99 cents de télécharger n'importe quelle chanson sur votre iPod, uniquement votre iPod évidemment, mais peu importe, si vous faites ça aux États-Unis vous êtes sûr d'être cool. C'est un aspect primordial de la culture, un aspect qui doit être préservé, même au 21ème siècle.
2ème réponse
But also recognize that this is just one kind of important culture in the 21st century, and see the way amateur culture is being revived. This revival of Soussa's read-write culture. Here the poster child might be Wikipedia, but the part I want you to focus on is what I think of as remix. So, examples like anime music videos, anyone knows that animes are these Japanese cartoons increasingly sweeping the American culture. Anime music videos are created when kids, or not just kids, take these videos and re-edit them, setting them to different soundtracks for example. So something as trivial as this. Or as interesting as maybe this. Or in the context of politics there are an extraordinary number of examples. Let me just show you one, still my very favourite. Or think about the kind of creativity that is happening in the context of YouTube and increasingly equivalent sites around the Web. Something that I think of as some kind of "call and response". So, here is an example: this is a video posted on YouTube. At the time I saw it I think it had about 1.7 million views and then inspired this video. Fist, this one had about 3.2 million views and then there are many other examples as well inspired by the first two as others copy and respond. Here is an other example... this one... this then inspired this video... which inspired this video...
Mais elle doit aussi reconnaître que ce n'est qu'une part, importante, de la culture au 21ème siècle et prendre en compte la renaissance de la culture amateur. Cette renaissance de la culture en "lecture-écriture" de Soussa. Le symbole ici pourrait être Wikipédia, mais j'aimerai plutôt que vous vous concentriez sur ce que j'appelle des remix. Par exemple les vidéos de manga, tout le monde sait que les mangas sont ces BD japonaises qui submergent la culture américaine. Les clips musicaux de manga sont créés par des jeunes, ou pas si jeunes, ré-éditent ces vidéos, en y collant une nouvelle bande son par exemple. Ça peut donner quelque chose d'aussi simple que ça. Ou d'aussi intéressant que ça. Dans le domaine de la politique ces exemples sont incroyablement nombreux. Je voudrais vous en montrer juste un, de loin mon préféré. Ou pensez à la créativité née sur Youtube et tous les sites semblables sur Internet. Un phénomène que je qualifierai d' "appel et de réponse". Voici un exemple : cette vidéo est tirée de Youtube. Lorsque je l'ai vue je crois qu'elle avait été visionnée 1,7 million de fois et elle a inspiré cette vidéo. Celle-ci a été visionnée 3,2 millions de fois et bien d'autres exemples sont disponibles, eux aussi inspirés par ces deux premières vidéos à mesure que d'autres copient et répondent. Voilà un autre exemple... celui là... qui a ensuite inspiré cette vidéo... qui a inspiré cette vidéo...
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Now we are finished we got to step back from this and recognize these as conversations. These are the equivalents of what Soussa spoke of when he spoke of the young people together singing the songs of the day or the old songs. They are not singing on a corner or in backyards, they are singing on this platform, this digital platform that for free enables this type of collaborative conversation in creativity. Now, to do this, to enable this kind of creativity in the context of copyright law we need to engage in a significant amount of deregulation of culture. So, think about the difference between copie and remix where copies is you take the whole Madonna album and share it with your 150 000 best friends versus remix, the kind of things I have shown you here. And second, distinguish between professional and amateurs. I apologize, I'm a law professor, I can't help but just build matrices. So, there we are:
Cette présentation achevée nous devons prendre un peu de recul et identifier ceci à des conversations. C'est l'équivalent de ce que décrivait Soussa quand il parlait des jeunes gens se réunissant pour chanter les chansons à la mode ou les vieilles chansons. Ils ne chantent pas au coin de la rue ou dans leur jardin, ils chantent sur cette plateforme, cette plateforme numérique qui leur offre gratuitement la possibilité d'exprimer toute la créativité de ces conversations collaboratives. Pour réconcilier les lois du copyright et cette créativité nous devons nous lancer dans une dérèglementation de la culture. Prenez par exemple la différence entre une copie et un remix, une copie c'est quand vous prenez l'album entier de Madonna et vous le partagez avec vos 150 000 meilleurs amis, un remix c'est ce que nous venons de voir. Il faut aussi faire la distinction entre professionnels et amateurs. Je vous demande pardon, je suis professeur de droit, je ne peux pas m'empêcher de faire des matrices. Alors voilà :
2
Put these together. Obviously copyright has an extraordinary important role here, the professional controlling full copies of the professionals' creativity. But we need to see that this base, amateurs producing remixes needs to be free from the regulation of copyright, not fair uses but free uses presumptively exempt from the control of the copyright owner. These bases are more complicated obviously, amateurs that share work with their 150 000 best friends are cannibalizing the professionals' work. So, that needs to be regulated to some degree and the professional remix, the derivative works increasingly, because remixes art form needs to be set free but not exclusively so that is a more complicated space. But the clear space is to see how we need to increase the deregulation of this space, a significant space of culture and focus regulation where it can do some good and here there are industry leaders in achieving just this.
Le copyright est évidemment éminemment important ici, les professionnels contrôlant la diffusion de la créativité des professionnels. Mais nous devons voir que cette base, les amateurs produisant des remix doit être libérée du joug des copyrights, pas du "fair use" mais du "free use" libérer du contrôle des ayants-droit. Ces bases sont évidemment plus complexes, des amateurs partageant une œuvre avec leurs 150 000 meilleurs amis cannibalisent le travail des professionnels. Ceci doit donc être régulé à un certain degré ainsi que les remix professionnels, les œuvres dérivées de plus en plus, car les remix sont une forme d'art qui doit être libérée mais pas exclusivement, donc c'est un point plus complexe. Mais il est clair qu'il faut plus déréguler cet espace, un espace important de la culture et cibler la régulation là où elle peut être bénéfique, dans ce domaine certaines entreprises sont déjà très bien placées.
3
So, Viacom has been quite aggressive with YouTube for certain kinds of content but it sets a very clear policy that they will not be interfering with what I call amateur remixes at all, not issuing notices of take down in that context because they recognize this is an important kind of cultural creativity we should be encouraging.
Viacom s'est montré assez agressif avec Youtube pour certains contenus mais ils ont clairement indiqué qu'ils n'interfèreraient pas avec ce que j'appelle des remix, qu'ils n'enverraient pas d'injonction de retrait de contenu dans ce contexte car ils reconnaissent l'importance de ce type de créativité culturelle que nous devrions encourager.
3ème réponse
But third and most important perhaps for getting beyond the current war is to see how we can re-balance in the context of copyright, in the context of P2P file sharing, what people refer to as some kind of "piracy", the thing that has inspired this war, a war I have said has totally failed. Now for the last decade we had proposals by extraordinary important scholars about exactly how copyright law could be re-crafted to render this activity not illegal but ensure compensation for artists through compulsory licenses or voluntary collective licenses setting up systems that facilitate compensation without control over copies. We got to recognize what the world would have been like had we adopted these proposals a decade ago:
Troisièmement, et c'est sûrement la réponse la plus importante pour mettre un terme à la guerre actuelle, il faut trouver comment rétablir l'équilibre dans le contexte du copyright, dans le contexte du partage de fichier en P2P, ce que certains appellent "pirater" et qui a inspiré cette guerre, une guerre que je qualifie d'échec. Au cours de la dernière décennie des propositions ont été faites par d'éminents spécialistes pour modifier les lois du copyright pour que cette activité ne soit plus illégale et que les artistes touchent une compensation grâce à des licences obligatoires ou des licences collectives volontaires, en instaurant des systèmes qui facilitent la compensation sans exercer de contrôle sur les copies. Essayons d'imaginer comment le monde aurait évolué si nous avions adopté ces propositions il y a une décennie :
1
First, artists would have had more money, because of course this war against piracy has not produced any more money for artists, it has produced money for lawyers, which as a law professor is not a bad thing in my view, but some of you might have a different view of that.
Les artistes auraient touché plus d'argent déjà, il faut reconnaître que cette guerre contre les pirates n'a pas apporté d'argent aux artistes, les avocats en sont les grands bénéficiaires, en tant que professeur de droit je ne trouve pas que ça soit mal, mais certains d'entre vous pourraient ne pas être d'accord.
Second, we would have more business competition as the rules would have been clear and businesses could have figured out exactly how to create great new models against the background of these clear rules.
Ensuite la concurrence serait plus développée puisque des règles clairement établies auraient permis l'émergence de nouveaux modèles [économiques] géniaux.
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But the thing that is most important to me, the thing that was most important to Jack Valenti is we would not have had a generation of criminals in the last 10 years, kids who grow up recognizing that their very behaviour is against the law increasingly internalize this fact. We need to consider these proposals now.
Because the one thing we all need to recognize, and perhaps here more than most places people do recognize this, there is no way we are going to kill this form of creativity. We can only criminalize it. We are not going to stop our kids from creating in ways that the technology enables, we can only drive it underground.
Mais ce à quoi j'attache le plus d'importance, ce qui aux yeux de Jack Valenti était le plus important, est qu'alors nous n'aurions pas criminalisé toute une génération durant ces 10 années écoulées, des enfants qui grandissent en sachant très bien que leur comportement ne respecte pas les lois internalisent ce fait. Il nous faut considérer ces propositions maintenant.
S'il y a une chose qu'il faut reconnaître, et les gens dans cette assemblée sont peut-être encore mieux placés pour ça, c'est qu'en aucun cas nous n'arriverons à tuer cette forme de créativité. Nous pouvons seulement la criminaliser. Nous ne parviendrons pas à empêcher nos enfants de créer avec les possibilités offertes par la technologie, nous pouvons seulement marginaliser ces pratiques.
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We are not going to make our kids passive, the way at least I was growing up, we can only make the "pirates". And the question we as cultures need to ask is: Is this any good?
Nous ne rendrons pas nos enfants passifs, du moins comme je l'ai été durant mon enfance, nous ne pouvons qu'en faire des "pirates". Et la question que nous devons nous poser en tant que culture est : qu'en ressort-il de bon ?
Conclusion
In the United States, kids live in this age of prohibitions, all sorts of aspects of their lives. They live life against the law. This is extraordinarily corrosive, it is extraordinarily corrupting of the very idea of the rule of law, the very basis for this democracy. I am extraordinarily honored to come here and be able to talk to you but to plead with you to help stop this war now.
Thank you very much.
Aux États-Unis les enfants vivent dans cet âge de la prohibition, elle touche de nombreux aspects de leur vie. Ils vivent en dépit de la loi. C'est un comportement extrêmement dangereux, c'est tout l'idée de la loi qui est remis en cause, la base même de la démocratie. Si je suis extrêmement honoré d'être ici parmi vous, ce n'est pas pour vous parler mais pour vous implorer de nous aider à arrêter cette guerre.