Saying information wants to be free does more harm than good

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Titre

Saying information wants to be free does more harm than good
Répéter que l'information veut être gratuite* fait plus de mal que de bien
  • NDT : en anglais, "free" signifie à la fois "gratuit" et "libre"
--Barbidule 1 juin 2010 à 18:57 (UTC): J'ai tranché pour "gratuite" car la citation originale oppose "free" à "expensive", mais l'ambiguïté traverse tout l'article. Faut-il aller jusqu'à mettre "libre et gratuite", ou juste mettre une remarque en début d'article (voire dans le texte introductif) ?
--daria 1 juin 2010 à 19:10 (UTC): ou mettre gratuite/libre ?
--Joan 2 juin 2010 à 21:42 (UTC): Il parle d'une expression qui est souvent répétée… quelle est l'expression équivalente en français ? « L'information n'a pas de prix » ?

Paragraphe 1

For 10 years I've been part of what the record and film industry invariably call the "information wants to be free" crowd. In all that time, I've never heard anyone – apart from an entertainment executive – use that timeworn cliche.
Pendant dix ans, j'ai fait partie d'un groupe que l'industrie du disque et du cinéma désigne comme "ceux qui veulent que l'information soit gratuite". Et durant tout ce temps, jamais je n'ai entendu quelqu'un utiliser ce cliché éculé - à part des cadres de l'industrie du divertissement.

Paragraphe 2

"Information wants to be free" (IWTBF hereafter) is half of Stewart Brand's famous aphorism, first uttered at the Hackers Conference in Marin County, California (where else?), in 1984: "On the one hand information wants to be expensive, because it's so valuable. The right information in the right place just changes your life. On the other hand, information wants to be free, because the cost of getting it out is getting lower and lower all the time. So you have these two fighting against each other."
"L'information veut être gratuite" (IVEG) renvoie au fameux aphorisme de Stewart Brand, énoncé pour la première fois lors de la Conférence de Hackers de Marin County, Californie (forcément), en 1984 : "D'un côté, l'information veut être chère, parce qu'elle a énormément de valeur. La bonne information au bon moment peut changer votre vie. D'un autre côté, l'information veut être gratuite, car le coût pour la diffuser ne fait que diminuer. Ces deux approches ne cessent de s'affronter."

Paragraphe 3

This is a chunky, chewy little koan, and as these go, it's an elegant statement of the main contradiction of life in the "information age". It means, fundamentally, that the increase in information's role as an accelerant and source of value is accompanied by a paradoxical increase in the cost of preventing the spread of information. That is, the more IT you have, the more IT generates value, and the more information becomes the centre of your world. But the more IT (and IT expertise) you have, the easier it is for information to spread and escape any proprietary barrier. As an oracular utterance predicting the next 40 years' worth of policy, business and political fights, you can hardly do better.
Ce savoureux petit kōan résume élégamment la contradiction majeure de l'ère de l'information. Il signifie fondamentalement que l'accroissement du rôle de l'information en tant que source et catalyseur de valeur s'accompagne, paradoxalement, d'un accroissement des coûts liés à la rétention d'information. Autrement dit, plus vous avez de TIC à votre disposition, plus elles génèrent de valeur, et plus l'information devient le centre de votre monde. Mais plus vous disposez de TIC (et d'expertise dans les TIC), et plus l'information peut se diffuser facilement et échapper à toute barrière propriétaire. Dans le genre 'vision prémonitoire anticipant 40 années d'affrontements en matière de régulation, de politique et de commerce', il est difficile de faire mieux.

Paragraphe 4

But it's time for it to die.

It's time for IWTBF to die because it's become the easiest, laziest straw man for Hollywood's authoritarian bullies to throw up as a justification for the monotonic increase of surveillance, control, and censorship in our networks and tools. I can imagine them saying: "These people only want network freedom because they believe that 'information wants to be free'. They pretend to be concerned about freedom, but the only 'free' they care about is 'free of charge.'"

Mais il est temps qu'elle meure.

Il est temps que l'IVEL meure car c'est devenu l'épouvantail qu'agitent systématiquement les grincheux autoritaires d'Hollywood à chaque fois qu'ils veulent justifier l'accroissement continu de la surveillance, du contrôle et de la censure dans nos réseaux et nos outils. Je les imagine bien disant "ces gens-là veulent des réseaux libres uniquement parce qu'ils sont persuadés que 'l'information veut être gratuite'. Ils prétendent se soucier de liberté, mais tout ce qui les intéresse, c'est la gratuité".

Paragraphe 5

But this is just wrong. "Information wants to be free" has the same relationship to the digital rights movement that "kill whitey" has to the racial equality movement: a thoughtless caricature that replaces a nuanced, principled stand with a cartoon character. Calling IWTBF the ideological basis of the movement is like characterising bra burning as the primary preoccupation of feminists (in reality, the number of bras burned by feminists in the history of the struggle for gender equality appears to be zero, or as close to it as makes no difference).
C'est tout simplement faux. "L'information veut être gratuite" est aux mouvements pour les droits numériques ce que "Mort aux blancs" est aux mouvements pour l'égalité raciale : une caricature, qui transforme une position de principe nuancée en personnage de dessins animés. Affirmer que l'IVEL est le fondement idéologique du mouvement revient à soutenir que brûler des soutiens-gorges est la principale préoccupation des féministes (dans l'histoire du combat pour l'égalité des sexes, le nombre de sous-tifs brûlés par des féministes est si proche de zéro qu'on ne voit pas la différence).

Paragraphe 6

So what do digital rights activists want, if not "free information?"

They want open access to the data and media produced at public expense, because this makes better science, better knowledge, and better culture – and because they already paid for it with their tax and licence fees.

Mais alors, si les défenseurs des libertés numériques ne veulent pas juste "l'information gratuite", que veulent-ils ?

Ils veulent un accès ouvert aux données et aux contenus financés par des fonds publics, parce que cela contribue à améliorer la recherche, le savoir et la culture - et parce qu'ils ont déjà payé au travers des impôts et des droits de licence.

Paragraphe 7

They want to be able to quote, cite and reference earlier works because this is fundamental to all critical discourse.
Ils veulent pouvoir citer des travaux antérieurs et y faire référence, parce que c'est un élément fondamental de tout discours critique.

Paragraphe 8

They want to be able to build on earlier creative works in order to create new, original works because this is the basis of all creativity, and every work they wish to make fragmentary or inspirational use of was, in turn, compiled from the works that went before it.
Ils veulent avoir le droit de s'inspirer d’œuvres antérieures afin d'en créer de nouvelles, parce que c'est le fondement de la créativité, et que toutes les œuvres dont ils souhaitent s'inspirer ont elles-mêmes été le fruit de la compilation des œuvres qui les ont précédées.

Paragraphe 9

They want to be able to use the network and their computers without mandatory surveillance and spyware installed under the rubric of "stopping piracy" because censorship and surveillance are themselves corrosive to free thought, intellectual curiosity and an open and fair society.
Il veulent pouvoir utiliser le réseau et leurs ordinateurs sans être soumis à des logiciels de surveillance et d'espionnage installés au nom de la lutte contre le piratage, parce que la censure et la surveillance ont un effet corrosif sur la liberté de penser, la curiosité intellectuelle et le progrès vers une société ouverte et équitable.

Paragraphe 10

They want their networks to be free from greedy corporate tampering by telecom giants that wish to sell access to their customers to entertainment congloms, because when you pay for a network connection, you're paying to have the bits you want delivered to you as fast as possible, even if the providers of those bits don't want to bribe your ISP.
Ils veulent des réseaux qui ne soient pas bridés par des entreprises cupides, dont l'objectif est de vendre l'accès à leurs clients aux majors du divertissement, parce que quand je paie pour une connexion au réseau, je veux recevoir les bits de mon choix, aussi vite que possible, même si ceux qui fournissent ces bits refusent de graisser la patte de mon ISP.

Paragraphe 11

They want the freedom to build and use tools that allow for the sharing of information and the creation of communities because this is the key to all collaboration and collective action — even if some minority of users of these tools use them to take pop songs without paying.
Ils veulent avoir le droit de concevoir et d'utiliser les outils qui permettent de partager l'information et de créer des communautés, parce que c'est le fondement de la collaboration et de l'action collective - même si un petit nombre d'utilisateurs se servent de ces outils pour obtenir de la pop sans payer.
--daria 1 juin 2010 à 19:09 (UTC): de la musique pop plutôt que pop tout court ?

Paragraphe 12

IWTBF has an elegant compactness and a mischievous play on the double-meaning of "free," but it does more harm than good these days.

Better to say, "The internet wants to be free."

Or, more simply: "People want to be free."

L'IVEL est d'une concision élégante, et elle joue subtilement sur le double sens du mot "free", mais aujourd'hui elle fait plus de mal que de bien.

Il vaut mieux dire "Internet veut être libre".

Ou plus simplement : "les gens veulent être libres".