You shouldn't have to sell your souljust to download some music
De Framalang Wiki.
Vous ne devriez pas devoir vendre votre âme seulement pour télécharger de la musique
Article original sur The Guardian.
| Pseudo | Code | Rôle | Statut |
|---|---|---|---|
| Don Rico | DRI | Traduction | Terminée |
| Yonnel | YPLL | Relecture | Terminée |
| aKa | Validation | Terminé | |
| Mise en forme |
Article en ligne à l'adresse : http://www.framablog.org/index.php/post/2009/04/03/corry-doctorow-musique-vendre-son-ame
Sell Soul for Music - Titre
You shouldn't have to sell your soul just to download some music
On ne devrait pas être obligé de vendre son âme pour télécharger de la musique.
--Ypll 3 avril 2009 à 00:25 (CEST):
C'est peut-être moi, mais devoir devoir, ça fait bizarre, non ? Proposition : on ne devrait pas être obligé de vendre son âme pour télécharger de la musique.
--DRI 3 avril 2009 à 09:16 (CEST):
Bien joué ! En effet, devoir devoir c'est moche... ;-)
Sell Soul for Music - Sous titre
The activities that are restricted by download licence agreements range from the ridiculous to the dubious
Les activités délimitées par les accords de licence de téléchargement vont du ridicule au douteux.
Sell Soul for Music - § 1
Here's the world's shortest, fairest, and simplest licence agreement: "Don't violate copyright law." If I had my way, every digital download from the music in the iTunes and Amazon MP3 store, to the ebooks for the Kindle and Sony Reader, to the games for your Xbox, would bear this – and only this – as its licence agreement.
Voici l'accord de licence le plus court, le plus juste et le plus simple qui puisse exister : "N'enfreignez pas le droit d'auteur". Si cela ne tenait qu'à moi, chaque œuvre numérique proposée au téléchargement, qu'il s'agisse de musique sur iTunes ou sur la plateforme de vente de MP3 d'Amazon, de livres électroniques pour le Kindle et le Reader de Sony, ou encore de jeux pour une console, porterait cette mention – et cette mention seule – en guise d'accord de licence.
Sell Soul for Music - § 2
"Don't violate copyright law" has a lot going for it, but the best thing about it is what it signals to the purchaser, namely: "You are not about to get screwed."
"N'enfreignez pas le droit d'auteur" est une mention qui présente de nombreux avantages, mais son meilleur atout, c'est ce qu'elle explique à l'acheteur, à savoir : "On ne va pas vous entuber".
Sell Soul for Music - § 3
The copyright wars have produced some odd and funny outcomes, but I think the oddest was when the record industry began to campaign for more copyright education on the grounds that young people were growing up without the moral sensibility that they need to become functional members of society.
La guerre du copyright a parfois eu de drôles de conséquences, mais la plus loufoque, à mon sens, a été la campagne menée par l'industrie du disque afin que l'on éduque davantage la population au problème de copyright sous prétexte que les jeunes gens grandissaient sans la sensibilité morale nécessaire pour devenir des citoyens responsables.
Sell Soul for Music - § 4
The same companies that spent decades telling lawmakers that they were explicitly not the guardians of the morality of the young – that they couldn't be held accountable for sex, drugs and rock'n'roll, for gangsta rap, for drug-fuelled dance-parties – did a complete reversal and began to beat their chests about the corrupting influence of downloading on the poor kiddies.
Les mêmes entreprises qui depuis des décennies expliquaient aux législateurs qu'ils ne voulaient surtout pas être les gardiens de la morale des jeunes – et qu'on ne pouvait les juger responsables de la culture "sex, drugs & rock'n'roll", du gangsta-rap et des raves où abondait la drogue – ont opéré un virage à 180 degrés et se sont mises à dénoncer à qui mieux mieux l'influence néfaste du téléchargement sur nos chères têtes blondes.
Sell Soul for Music - § 5
Well, they got it half-right: the fact that kids – and lots of adults – don't see anything wrong with destroying the record labels is certainly bad news for the record companies. Back when Napster started, the general feeling was that the record companies deserved to die for all the packaged boy bands, for discontinuing the single, for killing the backlist, for price-fixing CDs, and for notoriously miserable contracts for artists.
Bon, ils n'avaient pas tout faux : le fait que les ados – et un paquet d'adultes — ne voient pas de mal à mettre à genoux les maisons de disques est certainement une mauvaise nouvelle pour les maisons de disques. Aux débuts de Napster, voici quel était le sentiment général : les maisons de disques méritaient de crever pour nous avoir imposé leurs boys-bands en boîte, pour avoir cessé de vendre des singles, saccagé le catalogue, s'être entendu sur la fixation du prix des CDs, et enfin pour les contrats notoirement scandaleux qu'ils faisaient signer aux artistes.
Sell Soul for Music - § 6
Then came the digital rights management, the lawsuits (first against toolmakers like Napster, then against tens of thousands of music fans), then the use of malicious software to fight copying, the procurement of one-sided laws, the destruction of internet radio. Brick by brick, the record companies built the moral case for ripping them off (and the movie companies, broadcasters, ebook publishers, and game companies weren't far behind). As the copyfight wore on, wrecking the entertainment industry became an ever-more attractive proposition.
Puis vinrent les DRM, les procès (d'abord contre ceux qui fournissaient les outils, tel Napster, puis contre des dizaines de milliers d'amateurs de musique), puis l'utilisation de programmes malveillants pour combattre la copie, le vote de lois inéquitables, la destruction des radios Internet. Petit à petit, les maisons de disque ont rendu légitimes les attaques à leur encontre (les studios de cinéma, les diffuseurs, les éditeurs de livres électroniques et les entreprises de jeux vidéo n'étaient pas en reste). À mesure qu'ils luttaient pour la défense du copyright, démolir l'industrie du divertissement devenait de plus en plus tentant.
Sell Soul for Music - § 7
A decade later and the record industry has finally brought back the single, and there seems to be some semblance of price-competition (contracts for artists and the existence of boy bands still go in the minus column of course). They've even got rid of digital rights management for the majority of music sales, and the backlist is much bigger than it was in the record-store days.
Dix ans plus tard, l'industrie du disque a finalement repris la production de singles, et il semblerait qu'on soit revenu à un semblant de concurrence pour les prix (les contrats imposés aux artistes et l'existence de boys-bands figurent toujours dans la colonne des points négatifs, bien sûr). Ils se sont même débarrassés des DRM pour la majorité des ventes de musique, et le catalogue est bien plus fourni qu'à l'époque on l'on achetait sa musique dans un magasin de disques.
Sell Soul for Music - § 8
So now the pitch goes: "We gave you what you asked for, you've brought us to our knees. Now, please stop ripping us off and start buying music again – we're offering a fair deal." But anyone who examines the pitch closely can see it for what it really is: just more bait for yet another trap.
Et voilà ce qu'on nous serine, à présent : "Vous avez eu ce que vous vouliez, vous nous avez mis à genoux. Arrêtez donc de nous dépouiller et recommencez à acheter de la musique... c'est un marché équitable." Mais il suffit d'étudier leur discours de plus près pour se rendre compte de ce qu'il cache : encore un appât pour nous attirer dans un autre piège.
Sell Soul for Music - § 9
It's that pesky user-agreement. When you go into one of the few remaining record stores, there's no clerk beside the till chanting, "By buying this music, you agree to the following terms and conditions," rattling off an inexhaustible set of rights that you're surrendering for having the temerity to buy your music instead of ripping it off.
Le piège, c'est cette saleté d'accord utilisateur. Dans les quelques magasins de disques qui restent, il n'y aucun employé posté à côté de la caisse pour déclamer "En achetant ce support musical, vous acceptez les termes et conditions suivantes", avant de déballer une liste interminable de droits auxquels vous renoncez pour avoir eu la témérité de payer la musique que vous écoutez au lieu de la télécharger.
Sell Soul for Music - § 10
If the sales-pitch for a download is, "a fair deal", then it has to be a fair deal. The activities that these licence agreements restrict range from the ridiculous to the dubious, though I suppose reasonable people might disagree about the fairness of selling or loaning out your digital music collection.
Si leur laïus pour le téléchargement évoque "un accord équitable", alors cet accord doit l'être vraiment. Les activités circonscrites par ces accords de licence vont du ridicule au douteux, alors que toute personne sensée pourrait à mon sens estimer qu'il n'est pas équitable de vendre ou de louer sa collection de musique numérique.
Sell Soul for Music - § 11
But it's not the entertainment industry's job to tell me what are and are not fair terms of sale for my downloads. If loaning an MP3 should be illegal, let them get a law passed (they're apparently good at that – the fact that they haven't managed it to date should tell you something about the reasonableness of the proposition). The one-sided, un-negotiated licence agreement lurking behind the "Check here to affirm that you have read and agreed to our terms of service" represents a wishful (even delusional) version of how a purchase works.
Mais il n'appartient pas à l'industrie du divertissement de me dire ce que sont ou pas des conditions de vente équitables pour mes téléchargements. Si prêter un MP3 devait être illégal, qu'ils fassent voter une loi en ce sens (apparemment, ils sont très doués pour cela – le fait qu'ils n'y soient pas encore parvenu en dit long sur l'aspect aberrant de la proposition). L'accord de licence inéquitable et arbitraire tapi derrière la mention "Cochez cette case pour indiquer que vous avez lu et accepté nos termes de service" représente une vision du processus d'achat d'industriels qui prennent leurs désirs pour des réalités (voire qui se bercent d'illusions).
Sell Soul for Music - § 12
If the pitch is, "this is a fair deal", then the EULA should be: "You can do anything with this, so long as you don't break the law."
Si l'on veut nous rebattre les oreilles qu'il s'agit "d'un accord équitable", alors le CLUF devrait être le suivant : "Vous êtes autorisé à faire ce que bon vous semble de ce produit, à la seule condition de ne pas enfreindre la loi".
Sell Soul for Music - § 13
Not "Abandon hope, all ye who purchase here."
Non pas "Toi qui achètes ici, abandonne tout espoir" [Référence à la Divine comédie de Dante, NdT].

